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LES CARNETS DE DEGUSTATION

Domaine Henri Bonneau

Dégustations à Châteauneuf du Pape 24 et 25 février 2005

Reputée inaccessible, c’est pourtant bien lui, le légendaire Henri Bonneau, qui nous ouvre sa porte dans une petite ruelle du vieux village de Châteauneuf. L’homme a presque 70 ans, paraît fatigué. Deux ouvriers agricoles et son fils Marcel le secondent, du mieux qu’ils peuvent. Sous la maison, un réseau impressionnant de caves du XIVème siècle, dans lesquelles tous les vins sont ‘longuement- élevés. L’endroit est sale, encombré, secret, dans un invraisemblable capharnaüm plein de très vieux fûts vermoulus dont seul Henri Bonnneau connaît le contenu. 3 vieux foudres et quelques cuves viennent compléter le suprenant paysage de ce royaume souterrain.

Henri est un personnage haut en couleur, à la langue bien pendue. Il déclare détester “les grands vins bus avec des têtes à claque. On est pas des putes, on veut bien faire jouir nos clients mais on veut prendre notre pied aussi”. Fou de chasse et de pêche, il restaure un vieux cabanon près d’une rivière, “pour y boire des Bordeaux pendant la pêche, car ces vins ne sont pas dignes de la cuisine”. Roublard, bon vivant souvent de mauvaise foi, il fait partie de ces derniers grands paysans-vignerons (au sens noble du terme) qui perpétuent avec un talent rare et sans craindre la prise de risques des méthodes ultra-traditionnelles, que réfuteraient aujourd’hui les oenologues bon teint férus d’hygiénisme, tout impreignés de la culture actuelle du “zéro-défaut”. Rien n’a changé depuis sa première vinification, en 1956, et Henri n’a fait que reprendre les méthodes de son père, qui les tenait lui-même de son père…La première cuvée des Célestins date de 1927.
Ainsi, il n’hésite pas à pratiquer de très longs élevages pour affiner ses différents vins, ne soutirant au mieux qu’une fois par an, mettant en bouteille sans collage ni filtration. Certains 1998 étaient encore en fûts en février 2005…. Les vins ne sont jamais sulfités, seuls les fûts sont méchés à chaque soutirage. Parfois, on sent qu’Henri Bonneau est triste de n’avoir pû ou sû transmettre à son fils son savoir d’éleveur, jalousement conservé et qui se perdra sans doute après lui. Il l’avoue, c’est souvent un crève-coeur pour lui que d’avoir à vendre ses vins, si amoureusement et patiemment élevés. Tradition familiale ? des dizaines de milliers de bouteilles, dont les plus anciennes remontent au XIXème siècle, dorment encore dans ses caves. Henri Bonneau n’est pourtant pas passéiste ou figé dans ses convictions. Très curieux d’esprit, il déguste un peu partout, amateur de tout ce qui est bon. Il ne tarit pas d’éloges sur Jérôme Bressy, du domaine Gourt de Mautens, dont il apprécie beaucoup les vins blancs.
Henri n’en a toujours fait qu’à sa tête. Il lui arrivait encore, il y a peu de temps et lorsqu’il avait besoin d’argent, de vendre subitement des dizaines de caisses à un client de passage, alors qu’il refusait régulièrement la moindre bouteille aux plus sérieux clients professionnels, pourtant dûment recommandés. De là découle sans doute aussi sa réputation de faire des vins inaccessibles, introuvables, objets de toutes les spéculations de la part d’un marché international pas toujours transparent. Il faut dire qu’un célèbre critique américain a largement contribué à en faire des produits cultes, accordant les notes les plus élevées à ses grandes cuvées. Aujourd’hui, les choses se sont un peu stabilisées et organisées, puisqu’un caviste de Suze-la-Rousse, réputé pour son intégrité, a réussi à convaincre Henri Bonneau de lui confier la distribution exclusive de ses vins. On peut donc désormais avoir accès aux vins, et si les prix ne sont pas tendres, au moins est-on sûr de les payer au juste prix. Et en montrant patte blanche, la porte d’Henri Bonneau s’ouvre désormais pour quelques privilégiés….
Et le style des vins ? Franchise d’expression, pureté des vieux grenaches….Aux antipodes des vins modernes, flatteurs et faciles, ce sont des vins d’artisans, pour amoureux sincères du goût vrai, sans apprêts ni artifices. Un long élevage non-interventionniste leur apporte la finesse, la suavité de texture, la complexité aromatique, tout en magnifiant la pureté, le naturel et la transparence du fruit. Parfois extravagants de richesse, comme dans les cuvées Réserve des Célestins et Cuvée Spéciale, les vins ne se départissent jamais de cette gourmandise et de cette fraîcheur que par excès d’ambition beaucoup de vignerons de Châteauneuf n’ont pas sû préserver.

Nous dégustons d’abord deux 2004 en cuve.
Châteauneuf-du-pape 2004 (****)
Le vin est charnu, robuste, frais avec des tanins fins.
Châteauneuf-du-Pape 2004 (*****)
(probablement Réserve des Célestins). La cuvée \”Réserve des Célestins\” est toujours issue de la même parcelle de vieux grenaches située sur le terroir de la Crau. Elle n’est produite que les années où la qualité est suffisante pour ne pas assembler avec d’autres le vin qui en est issu. 15,5% potentiels en 2004. Nez très fin, rond et vineux, beaucoup de mâche. Vin plein et séveux, grande maturité, très équilibré, pointe de gaz résiduel. Très long, grand potentiel.
Une bouteille est ensuite débouchée : Vin de table “les Roulliers” Il s’agit d’une parcelle de 2,5ha de vieux grenaches, achetée en 2000 et située dans le Gard. Il s’agit d’un assemblage de 2002 et 2001. Roullier signifie transporteur utilisant le cheval. Le nez exprime parfaitement les vieux grenaches, avec un côté poussiéreux. C’est un vin de soif, franc, souple et direct, très bon à boire sur le fruit.

Nous dégustons ensuite des vins tirés sur fûts
Châteauneuf-du-Pape 2003 (****)
Vin mûr, flatteur, charnu et onctueux, plein, beaucoup de matière. La chair est déliée, très (trop ? ) épanouie, Une certaine fraîcheur est cependant perceptible. Assez équilibré, avec une bonne longueur épicée, ce vin possède un caractère un rien sec et chaleureux en finale.
Châteauneuf-du-Pape la Crau 2003 (*****)
Nez très expressif, avec un supplément de fruits et d’arômes épicés. Charnu, très gras, le vin possède un profil suave, élancé et riche en bouche. Grande finesse, tanins sveltes, superbe longueur. Sensation d’onctuosité mais sans sucre résiduel. Grand vin d’artisan, élégance naturelle, grande complexité aromatique. Ira loin.
Châteauneuf-du-Pape 2001 (****/*)
Grandd nez très expressif, encens, bois de santal, cerise confite, pruneaux frais. A l’aération, notes de gibier à poil. En bouche, expression robuste de grenache ultra-mûr, texture dense, beaucoup de matière, style puissant et classique. Très beau.
Châteauneuf-du-Pape la Crau 2001 (*****)
Supplément de finesse au nez, expression noble, assez terrienne, rappelle un peu certains terroirs du nord de la Côte de Nuits. La bouche est très dense, robuste, grande intensité aromatique, sur une belle assise tannique. Vin très séveux, charpenté, très suave, phénoménale longueur épicée. Grand vin en devenir.
Châteauneuf-du-Pape 2000 (****/*)
Vin en foudre, récemment soutiré. Nez très fin, grenache aérien, mûr, bouche suave, onctueuse, caressante, gourmandise de fruits noirs et de cacao. Acidité idéale, vin très fluide et fin, finale pure. Prêt pour la mise qui interviendra dans quelques semaines.
Châteauneuf-du-Pape Marie Beurrier 2000 (****/*)
Marie Beurrier était la tante de Madame Bonneau, qui a légué une ferme dans le Charolais. Vin encore en fût, robe tuilée, nez frais, minéral et pur. La bouche est séveuse, avec une texture crémeuse, suave, de la mâche et beaucoup de finesse. Très long. Excellent et sans doute assez précoce.
Châteauneuf-du-Pape Marie Beurrier 1997 (****/*)
Vin en bouteille. Nez un peu réduit. Bouche massive, robuste, un peu rustique, beaucoup de matière et de densité, chair rugueuse et séduisante qui s’affine à l’aération. Assez gourmand, doit être décanté.
Châteauneuf-du-Pape Réserve des Célestins 2000 (*****/*)
Encore en fûts, mise avant l’été 2005. Robe un peu évoluée, nez de cerises burlat, très ample, un peu confit, notes de fruits noirs, grand naturel d’expression. Tout en harmonie et en plénitude, c’est un vin monumental en bouche, très plein et onctueux, sans aucune lourdeur, avec une grande fraîcheur, une rare finesse de tanins, une finale douce et élégante. Assez somptueux, baroque, irrésisitible.
Châteauneuf-du-Pape Réserve des Célestins 1998 (******)
Encore en fûts. Robe intense, nez de fruits rouges, épices, aromates, poivre, minéralité, d’une grande complexité. Bouche onctueuse, séveuse, grande matière dense et serrée, texture très fine, fraîcheur saline, longueur impressionnante. Tanins très soyeux, aucune lourdeur, Très grand vin hors norme, proche d’une certaine idée de la perfection, appelle les plus grands gibiers. Un choc gustatif .
Châteauneuf-du-Pape Cuvée Spéciale 1998 (*****/*)
Encore en fûts. 16,7% potentiels, 4gr de sucre résiduel. Nez exubérant de fruits noirs confits, onctueux et atypique, très concentré, notes de cacao frais, rappelle assez un grand Amarone. La bouche exprime une extraordinaire densité de grenache ultra-mûr, sans aucune lourdeur, tout en fraîcheur. Un tour de force, vin magique, à nul autre pareil.

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