- Dégustation verticale Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques (2004-1961)
- Dégustation des 2006 sur fûts (avril 2007)
- Autres millésimes dégustés
Au cours de l’année 2007, deux dégustations d’envergure (la première sur deux jours à Beaune en avril, la seconde à Paris en décembre au cours d’une dîner d’exception) sont organisés autour des vins du domaine Armand Rousseau.
Pour plus d’informations sur ce domaine essentiel de la Côte de Nuits, prière de visiter le lien ci-dessous :
http://www.domaine-rousseau.com
Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques : la grande verticale (2004-1961)
Le Clos Saint-Jacques, d’une superficie de 6,7 ha, est unanimement considéré comme le meilleur premier cru de Gevrey, digne de la qualité des Grands crus. Lors du classement des parcelles dans les années 30, il fût décidé que seules les vignes adjacentes au Chambertin étaient dignes d’être élevées en Grand Cru’Le Clos Saint-Jacques a donc été laissé de côté. Sans doute également parce que son propriétaire de l’époque, le Comte de Moucheron, fervent royaliste, ne souhaitait pas cautionner une procédure émanant d’un organisme de la République’.
En 1954, le Clos est vendu, et la famille Rousseau fait l’acquisition de 2,22 ha.
Les autres propriétaires sont aujourd’hui les domaines Bruno Clair, Sylvie Esmonin, Louis Jadot et Fourrier.
Plantée à 10 000 pieds/ha, les vignes reposent sur un socle de marnes blanches, exposé sud-est entre 275 et 300m d’altitude.
Le vin issu du Clos Saint-Jacques de Rousseau séduit par sa consistance d’expression, sa régularité et sa profondeur de chair veloutée.
Les notes qui suivent sont une synthèse de deux grandes dégustations.
La première a eu lieu en avril 2007, sur des vins issus du domaine et des bouteilles plus anciennes acquises aux Etats-Unis. Ouvert une heure avant le service, les vins ont alors été proposés dans l’ordre chronologique du plus jeune au plus âgé.
La seconde dégustation s’est déroulée à Paris dans un cadre privé en décembre 2007, avec des bouteilles provenant d’une excellente cave. Ouverts deux heures œ avant le service, les vins ont alors été proposés en cinq séries de 3, avec des millésimes de décennies différentes à chaque série.
2004 ***** (17,5)
Décembre 2007 : Robe rubis violacée. Nez très immature, fruits rouges et noirs, léger boisé perceptible. Superbe caractère épicé et nerveux, trame assez tendue, un peu anguleuse encore, avec cette touche légèrement végétale mais tellement fraîche des 2004. Les tanins sont croquants et réglissés, l’allonge veloutée, intense, encore très réservée, avec un côté un peu austère qui disparaîtra au vieillissement. Une année classique.
2003 ***** (17,5)
Avril & décembre 2007 : Robe violacée sombre. Expression charnue et épicée, riche, texture opulent, poivrée, très ample et profonde. Beaucoup de richesse et de réserves. Vin dense mais aucune lourdeur. Encore assez immature, assez ramassé, beaucoup de potentiel, à revoir dans quelques années.
2002 ***** (18,25)
Avril & décembre 2007 : Robe sombre. Nez réservé, marqué par le bois au départ, puis s’épanouit par touches florales. Dense et ample, grande allonge et pureté de fruit éclatante. Les tanins sont fins et abondants, la trame droite, racée, très persistante. Ce vin présente une vraie complexité, de la finesse et de la fraîcheur, et se montre extrêmement séduisant dès à présent. Vin harmonieux et complet, magnifique potentiel.
2001 ***** (17,75)
Avril 2007 : liégeux et diffus. Décembre 2007 : Vin encore très réservé, expression aromatique tendue, notes de terre fraîche. La bouche présente une trame svelte, élancée et vibrante, d’une grande distinction, dans un style épuré, très prometteur, mais qui se livre encore assez peu. Là encore, la finesse des tanins et l’intensité du fruit rendent ce vin relativement accessible en dépit de sa jeunesse.
2000 ***** (17)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis clair. Nez très pur, aérien, cerises, grande délicatesse aromatique. Style assez vif et floral, vin net, à ma matière soyeuse et distinguée, au charme irrésistible et très précoce. Délicieux aujourd’hui, il tiendra bien une dizaine d’années encore mais se montre proche de son apogée.
1999 *****/* (18,5)
Avril & décembre 2007 : Robe violacée très jeune. Nez très pur, encore assez fermé et réservé, fruits rouges frais, épices, évolue sur la cerise à l’aération. Matière ample et veloutée, profil racé, raffiné, d’une jeunesse idéale, avec une fraîcheur délicieuse et un peu mentholée. Délié, harmonieux, avec une très grande allonge épurée, c’est un grand vin, encore immature mais déjà éblouissant.
1998 ***** (17,5)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis dense légèrement évoluée. Nez complexe, orange sanguine, thym, très frais. Pleine de vigueur, la bouche exprime une tension apportée par une acidité désaltérante. Les tanins se fondent et présentent encore un caractère précis et net. Beaucoup de caractère, déjà délié et irrésistible par son début d’évolution aromatique sur des notes forestières mais capable de bien évoluer assez longtemps encore.
1997 ****/* (15,5)
Décembre 2007 : Vin parfumé, épanoui, plein de charme et de souplesse, mais un léger creux est perceptible en milieu de bouche. Déjà un peu fatigué, il est en retrait par rapport aux autres vins.
1996 *****/* (18,75)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis intense et légèrement évolué. Premier nez marqué par le cuir, le cèpe frais, le zest d’agrumes. Grande précision de saveur et intensité aromatique, matière soyeuse, élancée, très raffinée, soutenue par une acidité et une pointe de CO² qui conserve la fraîcheur. Dans un style droit et un peu strict, c’est profond et très distingué, de très grande race. Finale inspirée, minérale et pure. Très grand vin d’évolution lente.
1995 ***** (17,5)
Avril 2007 : Robe rubis un peu évoluée. Nez épicé, fruit sec, poivre de Séchuan. Vin dense et ramassé, texture assez serrée, de la mâche et du muscle. Intensité de saveur minérale et bonne persistance pour ce vin équilibré qui doit encore vieillir et a besoin de respirer pour s’exprimer.
1993 *****/* (18,5)
Avril 2007 : la robe la plus sombre de tous les vins. Bouquet très complexe, épices, poivre, fraises, menthe fraîche, agrumes. Ferme, dense et sphérique, la bouche impressionne par sa jeunesse, sa matière et son intensité, avec une expression droite, profonde et majestueuse, encore un peu robuste. L’alcool et les tanins sont présents mais bien intégrés en finale. Grande fraîcheur de fruit, encore enfouie dans la structure du vin. Grande bouteille, grand potentiel de vieillissement mais moins de charme aujourd’hui que beaucoup d’autres millésimes.

1991 ****/** (17-18,75)
Avril 2007 : robe rubis évolué, ambré sur les bords. Bouquet très net et pur, touches de cuir fin, de terre, de fraises des bois et de menthe fraîche. Harmonieuse, épurée, la bouche séduit immédiatement par sa fraîcheur de fuit, sa trame digeste, très racée et svelte. Très complexe, entêtante, c’est une magnifique bouteille d’une grande délicatesse aromatique et qui semble parfaitement épanouie. Ce jour-là, peut-être le plus grand vin’ En décembre 2007, le vin se montre peu loquace, encore sur la réserve mais intense et complet. Peut-être le vin a t’il vieilli en cave plus fraîche ?
1990 *****/* (18,5)
Avril 2007 : Robe tuilée, assez ambrée. Bouqué évolué, giboyeux, épices. Le fruit est tout d’abord assez sec et confit, sur des notes de prunes cuites, dans une expression solaire et faisandée qui fait son âge et manque un peu de fraîcheur. A l’aération, le vin se réveille, évolue superbement et retrouve vigueur et fraîcheur, avec une glorieuse complexité et des notes de thé fumé. Complet, généreux et profond. Aération indispensable.
1988 ***** (17,75)
Bouteille bouchonnée en avril 2007. Décembre 2007 : Robe rubis sombre, tuilée sur les bords. Somptueux bouquet qui pinote, expression droite, encore un peu tendue, remarquable tenue de bouche au grain précis et trame qui s’assouplit à l’aération. Superbe persistance, énergie et tension en finale. Ce millésime s’est ouvert et ce vin se goûte idéalement aujourd’hui, même si il conservera toujours un peu de raideur. Fera merveille à table.
1987 ****/* (16,25)
Décembre 2007 : Robe rubis clair, reflets ambrés. Bouquet délicat, fruits frais et épices douces, touche de rose séchée. Vin épanoui, de caractère enjôleur et très délié, réjouissant par son naturel d’expression et sa franchise. Si il lui manque la profondeur et la persistance des grandes années, c’est un vin gourmand et suave, très charmeur et parfait à boire aujourd’hui, sans trop attendre.
1986 ****/* (16)
Décembre 2007 : Robe évoluée, dégradé tuilé. Bouquet aux notes tertiaires, humus, cèpes, mousse. Assez svelte, presque fluide en attaque, la bouche conserve une belle tenue et se prolonge dans un caractère nerveux, au fruit évolué mais encore présent, à l’acidité un peu pointue en finale. Là encore, l’aération lui fait beaucoup de bien. Vin d’excellent niveau pour un millésime difficile, mais qui doit désormais être bu.
1985 *****/* (18,25)
Avril 2007 : Robe dégradée, tuilée. Grande finesse et fraîcheur aromatique, notes fumées, thé, bergamote, menthe poivrée. Soyeuse, déliée, et épanouie, empreinte d’une belle fraîcheur de fruit, cette bouteille en pleine forme possède un charme exceptionnel, avec l’harmonie et l’évidence des grands vins à maturité. Harmonieux, fondu, peut-être déjà un peu fragile, à boire sans tarder mais offre énormément de plaisir.
1979 ****/* (15,25)
Décembre 2007 : très bon niveau (base goulot), robe très tuilée. Beaucoup de réduction à l’ouverture, notes déplaisantes de chou rave et d’eau de cuisson de légumes. Là encore, l’aération épure et réveille le vin, qui se montre délicat, fondu, subtil, un peu usé mais encore charmeur. Il conserve néanmoins un finale une touche végétale qui le durcit.
1971 **** (14,75)
Avril 2007 : niveau un peu bas. Robe très brunie, notes de thé froid et de café au lait. Encore du fruit en bouche mais oxydation perceptible, matière onctueuse soutenue par de l’acidité, bouteille sur le déclin mais toujours plaisante. Plus d’aération l’aurait sans doute réveillé un peu.
1961 ***** (17,5)
Décembre 2007 : niveau assez bas (5cm sous le bouchon). Robe dégradée, ambrée. Bouquet complexe, intense mais fragile, très évolutif, arômes secondaires (fruits rouges) et tertiaires. La bouche enchante par sa fraîcheur, l’ensemble est encore charnu mais assagi, bien vivant et parfumé. Vin élégant, émouvant, qui se boit avec un grand plaisir indépendamment de son grand âge.
Millésime 2006 au Domaine Armand Rousseau
Frédéric Robert, le nouveau régisseur du domaine engagé pour seconder la Charles et Eric Rousseau, assume désormais des tâches auparavant dévolues à Corinne Rousseau, partie vivre sous d’autres latitudes. Il nous accueille pour la dégustation des 2006 au domaine avant de nous proposer une promenade dans les vignes du Clos Saint-Jacques tout proche.
Echantillons dégustés sur fûts. Les fermentations malolactiques sont pratiquement finies en avril 2007. La cuverie est équipée de cuves inox, il n’y a pas de foudres en bois. Les macérations durent de 14 à 16 jours. Les rendements cette année sont de 30 à 35hl/ha, à l’exception du Clos de Bèze touché par la grêle qui plafonnera à 16hl/ha. Les fûts proviennent essentiellement de la tonnellerie François (90%) et un peu de chez Rousseau. Un peu de So2 est ajouté à la vendange avant pressurage, puis lors du premier soutirage après la fermentation malolactique, et enfin avant la mise en bouteille.
Gevrey-Chambertin ****/* (15,5)
Vin mûr, épicé, fruit tendre. Expressif et complet, très typé Gevrey.
Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux-Saint-Jacques ****/* (16,25)
Fruit pur, expression nette, tout en finesse, minéralité présente. Vin très équilibré, long et élancé. Na jamais été aussi bon, le niveau moyen du village et des 1er crus au domaine a considérablement progressé.
Gevrey-Chambertin 1er cru Cazetiers ****/* (15,75)
Un peu marqué par la réduction à ce stade. Plus charnu et épicé, beau volume, vin complet, tanins fins, un peu moins de finesse que le Lavaux.
Charmes-Chambertin ***** (16,75)
Robe assez claire, nez épicé, un peu réduit. L’attaque est très charnue, avec un fruit rond, une texture crémeuse, des arômes de rose. Assez riche, intense et persistant, c’est un vin de beau volume, gourmand et expressif.
Mazy-Chambertin ***** (16,5)
Vin dense, buriné, terrien. Tanins fermes et beau volume. Vin complet, très immature, un peu sauvage et encore en retrait.
Clos de la Roche ***** (17,75)
Nez très différent, beaucoup plus minéral, tendu, notes d’églantine, très pur. L’attaque en bouche est tendre, avec une matière élancée et précise, nerveuse et élégante. Vin complet, d’une superbe pureté de saveurs, avec beaucoup de tension et de fraîcheur. Magnifique persistance, un futur classique.
Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques *****/* (18,25)
Nez sur la fraise des bois, notes minérales et ronces. Précise et pointue, la bouche présente un fruit intense, soyeux et rond, avec une magnifique longueur épicé et le moelleux si typique du cru. Le bois neuf est assez présent, l’échantillon est tiré sur un fût neuf.
Chambertin *****/* (18,5)
Nez très serré, peu expressif. La bouche s’avère immédiatement puissante et très ample, ramassée, aux tanins denses et fins. Vin très profond, un peu austère, encore assez massif à ce stade, mais promis à une longue évolution.
Chambertin Clos de Bèze *****/* (19)
Habituellement, le Chambertin est proposé en dernier à la dégustation, cette année le Clos de Bèze ferme la marche. Nez très expressif, floral, épicé et très subtil, d’une grande délicatesse aromatique. Charnu, plein, explosif et flamboyant, ce vin séduit par son intensité, sa pureté et son élégance naturelle. Très grande persistance. Très grand vin.
Millésime 2005
Quelques 2005 nous sont ensuite proposés, très difficiles à déguster en raison de leur très récente mise et de la présence encore très marquée du So2.
Clos de la Roche 2005 *****/* (18,25)
Très intense, ample, magnifique étoffe. Vin très riche et profond, aux tanins abondants et gourmands. Densité de matière inhabituelle.
Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2005 *****/* (18,75)
Sublime nez épicé et floral, ensemble très élégant et velouté, intense, harmonieux, raffiné, somptueusement étoffé et profond, amène lentement une finale majestueuse d’une résonance rare. Proprement magique, d’une irrésistible séduction qui durera un demi-siècle’.
Chambertin Clos de Bèze 2005 *****/* (18,5)
Difficile, très marqué par le SO² qui serre la bouche et masque les arômes. Très réservé, profond, très prometteur.
Chambertin 2005 *****/* (19)
Sur le plan aromatique, même configuration liée à la mise en bouteille qui date de quelques jours seulement. Beaucoup plus expressif que le Clos de Bèze (ce qui a été le cas pendant tout l’élevage, nous dit-on), c’est un vin très ample, impérial, incroyablement profond. Très complet, serré en finale.
Autres Millésimes
Toujours en compagnie de Frédéric Robert, nous enchaînons un très sympathique déjeuner au restaurant chez Guy, à Gevrey-Chambertin. Nous dégustons alors :
Charmes-Chambertin 2002 ****/* (16)
Vin fin, souple et gourmand, fruit délicat et sain, facile d’accès, très bon vin tout en séduction mais on peut souhaiter un peu plus de densité de matière.
Clos de la Roche 2002 ***** (18)
Robe assez sombre. Nez minéral, pierre mouillée, ronce, mousse fraîche, irrésistibles notes de végétal mûr. Grande pureté de texture, fruit éclatant, très expressif et intense, magnifique expression de fruits de bois et de fraise écrasée en finale. Grand vin, encore très jeune.
Clos de la Roche 1996 ***** (17,25)
Robe assez claire, un peu tuilée. Nez superbe, fraîcheur minérale, notes d’orange sanguine. La bouche est élégante et déliée. Ensemble digeste, fin et svelte.
Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2000 ***** (17,75)
Le nez surprend au premier abord par son expression de poivre blanc et de petits fruits épicés. L’attaque exprime une grande gourmandise et fraîcheur de fruit, au caractère cristallisé, pulpeux, et un style délié, épanoui. La finale dévoile un caractère épicé, opulent, très intense. Merveilleux vin délicieux à boire dès aujourd’hui, mais qui est loin d’avoir dit son dernier mot.
Après un peu de repos, un dîner de haute volée est organisé chez Lameloise à Chagny le soir même. Eric Rousseau s’est excusé, et Frédéric Robert le remplace efficacement et a prévu quelques flacons exceptionnels :
Chambertin Clos de Bèze 2000 ***** (18,25)
Dégusté en magnum. La robe rubis violacée est très peu évoluée. Fringant, très expressif et plein de fraîcheur, le nez dévoile des notes florales, églantine, épices, et une légère touche de terre. Traversée par une minéralité discrète, la bouche présente beaucoup d’élan, une grande intensité de fruit qui rappelle les notes florales, très pures et subtiles. La fraîcheur et la finesse sont exceptionnelles. Absolument délicieux, ce vin possède l’évidence des grands. Il sera idéal dans 2 ou 3 ans.
Chambertin 2000 *****/* (18,75)
Dégusté en magnum. La minéralité est beaucoup plus prononcée que dans le Clos de Bèze, on note plus d’intensité, une grande profondeur et précision de saveurs, une trame plus dense et serrée mais avec une rare transparence d’expression. Rare intensité et persistance, élégance innée des plus grands vins.
Ruchottes-Chambertin 1995 ***** (18)
Robe assez peu évoluée. Nez d’une grande fraîcheur, petits fruits rouges, bouche fondue, d’une grande élégance, tanins ronds et très fins, pureté d’expression magnifique. Un vrai classique, sans le caractère sec et un peu raide de beaucoup de vins du millésime.
Chambertin Clos de Bèze 1995 *****/* (19)
Fruit très fin et frais, notes acidulées, bouche très ferme, jeune et vigoureuse, qui dégage une énergie étonnante, avec un fruit éclatant. Très grand vin encore immature, plénitude et persistance de saveurs exceptionnelle. Suprêmement équilibré, pureté aromatique d’anthologie. Finale encore un peu serrée, immense potentiel.
Chambertin Clos de Bèze 1990 *****/* (18,5)
Robe incroyablement jeune, très peu d’évolution. Nez troublant de fraîcheur et de pureté, Vin immature et épicé, au fruit envoûtant, intensité fascinante. Vin perturbant car semble bloqué dans son évolution, paraît 5 ans d’âge’. Même si en soi le vin est magnifique, on ne peut évacuer un peu d’incrédulité devant le caractère trop parfait de ce vin. Le bouchon ne présente aucune trace de contrefaçon, mais les esprits de certains semblent pollués par les craintes de fausses bouteilles…
Chambertin 1990 ***** (18,25)
Superbe robe rubis légèrement tuilée. Nez d’une grande fraîcheur, notes d’épices et d’orange sanguine, grande intensité et immense longueur, taffetas, vin radieux, solaire, complet et épanoui. La finale est encore ferme, profil impérial. Grande évolution prévisible mais déjà à son apogée.
Dégustations des 2003 sur fûts (en avril 2005) :
Gevrey-Chambertin 2003 **** (14,75)
La robe est rosée, assez claire. Le nez est gourmand, marqué par les fruits mûrs, la bouche est charnue, fraîche, ronde et mûre. Très bon Gevrey dans un style précoce.
Charmes-Chambertin 2003 ****/* (15,5)
La robe est un peu plus foncée. Assez opulent, le nez est marqué par les épices. La bouche est suave, avec un fruit mûr et légèrement épicé. Ce vin possède un profil fin, svelte et charmeur, mais manque un peu de dimension.
Clos de la Roche 2003 ****/* (16)
Robe plus sombre. Nez sauvage, épicé, fruits noirs. La bouche présente plus de fermeté et de densité, avec une texture raffinée. Charnu, intense et savoureux, ce vin déjà très séduisant possède la réserve tannique suffisante pour une longue évolution, en dépit de son caractère précoce. Très épanoui aromatiquement, se goûte superbement.
Ruchottes-Chambertin 2003 ****/* (16)
Nez floral, très mûr, rose épicée, cerises. La chair est tendre, combinant délicatesse et vigueur, l’ensemble assez élancé et précoce présente toute la séduction d’un grand pinot mûr. Plus avenant que le Clos de la Roche bien que très différent.
Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2003 ***** (17,5)
Robe plus claire et plus violacée à la fois. Le nez est très fin, d’un grand raffinement aromatique, notes d’églantine, léger boisé doux. Bouche suave, fraîche, florale, grande finesse. Caractère alliant la maturité du millésime à la race du terroir, dans un ensemble très harmonieux. Exceptionnelle persistance. Grand vin.
Chambertin Clos de Bèze 2003 *****/* (18)
Robe violacée. Nez de fruits rouges, framboise, trace de boisé noble ‘ bois de santal - (100% fût neuf). La bouche est ample, veloutée, avec un boisé très bien intégré, un fruit mûr et éclatant. Vin de grande classe, se goûte déjà merveilleusement, avec un fraîcheur superlative. Persistance hors du commun, finale aérienne. Très grand vin.
Chambertin 2003 ***** (17,75)
Nez plus austère, réservé et pointu, note de bois et de terre. La bouche est serrée, dense et pleine, imposante, dans un style vigoureux, musclé, qui s’épure à l’aération. Style long, intense, profond. Toujours plus fermé et en retrait dans sa jeunesse par rapport au précédent.
Au cours du pique-nique partagé après la dégustation avec Corinne Rousseau, un beau Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 1997 ****/* (15,5) est servi. Vin fin, souple, parfumé et épanoui, mais avec un fruit moins éclatant et un peu moins de complexité qu’une autre bouteille bue il y quelques mois. Très bon néanmoins.
Nous goûtons également un Condrieu Fleurs d’Automne 2002 du domaine Pierre Gaillard ****/* (16) . Cette rare vendange tardive possède une superbe robe cuivrée, un nez exubérant de confiture de prunes, d’abricot confit et de gelée royale. La bouche est onctueuse, florale, opulent sans jamais sombrer dans la lourdeur ni l’excès de sucrosité. Il y a pourtant 180 gr de sucres résiduels naturels, mais une très belle vivacité due à l’acidité apporte de la fraîcheur. Délicieux.
En résumé :
Accueil sympathique et détendu de la part de Corinne Rousseau, très enjouée.
Le domaine couvre 14 hectares, majoritairement en grands crus. Nous dégustons les 2003 juste avant la mise en bouteille. A noter que les fermentations malolactiques des 2004 n’ont ici pas encore commencé. 2003 a subi une légère acidification au départ.
Niveau qualitatif homogène et très élevé. Après 2001 et 2002, 2003 constitue une nouvelle et éclatante réussite au domaine. A l’exception du Clos Saint-Jacques et des Chambertin, la plupart des autres crus peuvent ici s’apprécier dans leur jeunesse, à condition de les aérer au préalable. Le domaine Rousseau s’inscrit dans la lignée des grands classiques bourguignons, par l’élégance et la séduction de ses vins. Un petit passage à vide entre 1994 et 1998 (vins parfois dilués, un peu simples surtout en Gevrey 1er cru, Charmes, Mazis, et Clos de la Roche) est oublié, les vins sont depuis revenus au meilleur de leur forme. Le plus grand souci reste d’arriver à en obtenir plus d’une ou deux bouteilles….