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Archive pour la catégorie ‘Bourgogne’

Domaine Michel Lafarge, Volnay

Mardi 10 mars 2009

Novembre 2005 :

Accueil toujours enjoué de Frédéric Lafarge. Celui-ci compare 2004 à des millésimes tels que 1979 ou 1989, des années d’équilibre, au fruit délicat et pur, de bonne garde.
Le bois neuf n’excède jamais 10-20%, et n’a pas du tout été employé en 2003.

Bourgogne Aligoté 2003 ***/* (13,5)
Issu d’une vieille vigne de 50 ans d’âge. Vin inhabituellement riche et mûr, pas tant à cause du millésime que de la concentration naturelle due à l’âge des vignes.

Meursault 2004 **** (14)
Vin en bouteille. Fruit mûr, croquant, assez franc et simple, bon vin.

Nous goûtons ensuite quelques 2004 encore en fûts :

Volnay Vendanges Sélectionnées 2004 **** (14,5)
Beau fruit, tanins présents, assez serré, expression un pue sèche pour l’instant.

Volnay 1er cru Clos du Château des Ducs 2004 ****/* (16,25)
Notes florales au nez. Assez délicat, très fin et épicé, tanins soyeux, vin construit sur l’élégance et la longueur, vraiment racé, très prometteur.

Volnay 1er cru Clos des Chênes 2004 ***** (17,5)
Nez plus réservé, terrien, bouche dense, ferme et profonde, tanins abondants mais fins, belle acidité, vin long et très stylé, comme à son habitude. Grand potentiel. Demandera au moins 7 à 8 ans.

Volnay Vendanges Sélectionnées 2002 ****/* (16)
Demi-bouteille. Encore très jeune, ferme et droit, fruit bien concentré, expression franche et pure, très beau potentiel. A l’aération, vin complet, juteux.

Volnay Vendanges Sélectionnées 1999 ****/* (16,5)
Demi-bouteille. Beaucoup de concentration, vin encore très jeune, tanins fermes, beaucoup de structure, grande longueur. Très grand potentiel, texture encore serrée. Superbe.

Volnay 1er cru Clos du Château des Ducs 2002 ***** (17,25)
Demi-bouteille. Nez floral, épicé, très élégant. Beaucoup de profondeur, expression poivrée et soyeuse, vin très long et raffiné, structure svelte, tanins soyeux. Superbe vin.

Volnay 1er cru Clos des Chênes 1997 ****/* (16,25)
Demi-bouteille. Nez très élégant, fruits rouges, texture très élégante, élancée, déliée. Belle longueur, semble sécher un peu en finale. Encore un peu réservé ?

Volnay 1er cru Clos des Chênes 1994 ****/* (16)
Nez ouvert, très élégant, mousse forestière, petits fruits rouges, bouche déliée, beau fruit suave, doux et expressif. A point. Seul une finale un peu courte trahit le millésime.

Avril 2005

Rapide dégustation des 2004 sur fûts, vendangés le 23 septembre. Bourgogne, Volnay, Volnay 1er cru Clos du Château des Ducs, Volnay 1er cru Clos des Chênes : très belles textures, finales veloutées, stylés, beau fruit, fraîcheur et élan.

Bourgogne 2002 **** (14)
Très beau fruit, vin souple, suave, gourmand.

Volnay Vendanges Sélectionnées 2002 ****/* (16)
Nez épicé, pur. Merveilleuse qualité de texture et de fruit. Très grande qualité.

Volnay 1er cru Clos des Chênes 2002 ***** (18)
Nez réservé, vin structuré, minéral, merveilleuse élégance, grand naturel d’expression.

Volnay 1er cru Clos des Chênes 2000 ****/* (16,25)
Nez un peu réservé, élégant, s’épanouit. Vin stylé, racé, élégant et mûr, texture soyeuse, vin minéral, sincère, franc et long, apporte beaucoup de plaisir. Tanins très fins, épicés, très beau vin, finale sur une note de menthe fraîche.

Volnay 1er cru Clos des Chênes 1997 *****/* (18,25)
Robe violacée rubis clair, aucune nuance de brunissement. Nez émouvant de finesse, fraîcheur de menthe sauvage, caractère minéral évident. Vin confondant de jeunesse, arômes de fruits frais, de rose, style très suave et profond. Grand vin sincère, naturel, de très haut niveau.

En résumé
Des 2004, prometteurs, mais on y reviendra. L’accueil de messieurs Lafarge Père et Fils est toujours aussi plaisant. Il y a peu de domaines aussi traditionnels en Bourgogne, n’ayant jamais cédé à aucun effet de mode, dont les vins sont aujourd’hui pleinement reconnus à leur juste valeur. Ce sont de dignes représentants d’une ligne privilégiant la pureté aromatique, la race du terroir, la vigueur naturelle du pinot sur la rondeur ou la séduction immédiate apportée par des vinifications modernes. La patience est de mise pour les heureux propriétaires des 1ers crus du domaine.

Domaine comtes Georges de Vogüé, Chambolle-Musigny

Mardi 10 mars 2009

Avril 2005

Chambolle-Musigny 2004 ****/* (15)
Robe rubis clair très brillante, nez épicé et floral. La bouche est droite, pure et nette, précise, avec une très belle acidité. Le fruit possède de la douceur et une grande fraîcheur. Très beaux arômes de fruits rouges, framboises et fraises.

Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 2004 ***** (16,5)
Parcelle de 0,56 ha. Nez épicé, vif, bouche tendue, intense et pure, style tranchant, raccé et élégant, vin structuré au grain très fin. Grande persistance. Très prometteur.

Bonnes-Mares 2004 ****/* (16)
Parcelle de 2,70 ha. La robe est beaucoup plus violacée, pourpre. Le nez est réservé, terrien et sauvage, notes de violettes et de fruits noirs. Le vin est robuste, intense, épicé et plein, assez massif. Le style privilégie la fraîcheur, la netteté et le volume en bouche. Les tanins sont ici un peu plus fermes. Belle rétro-olfaction sur des notes florales et minérales.

Musigny 2004 ***** (17)
Robe plus claire. Le nez est pur, réservé, sur les fruits rouges. Intense et soyeuse, la bouche est racée, structurée, avec une chair svelte et veloutée. On retrouve toute l’ampleur assez majestueuse du cru mais une texture assez serrée. Dégusté en provenance d’un fût d’origine différente, le vin présente une texture beaucoup plus raffinée, avec une chair déliée, délicate et beaucoup plus parfumée. Très grand potentiel, vin à attendre 10 à 15 ans au moins.

En résumé
Nous sommes accueillis par François Millet, le très rigoriste régisseur du domaine. Dégustation sur fût des 2004, qui viennent de terminer leur fermentation malolactique. Le domaine s’étend sur 12,5 hectares, dont 0,66 ha plantés en chardonnay. Autrefois classé en Musigny blanc, ce vin est aujourd’hui etiqueté Bourgogne blanc depuis que les vignes ont été replantées en 1993. Il ne nous est pas proposé à la dégustation, de même que le Chambolle-Musigny 1er cru, issu des lots de jeunes vignes du Musigny. Les vins du domaine sont indéniablement construits, bâtis pour le grand vieillissement et ne se livrent pas dans leur jeunesse. Le style du domaine recherche plus le volume, la profondeur et la structure que la fraîcheur et l’élegance naturelle du pinot. Seul une longue épure en cave leur permet de s’exprimer pleinement et majestueusement. Goûtés récemment, 1991 et 1993 ne sont toujours pas prêts. Seul certains 1997 et surtout 2000 (très réussi à Chambolle) se dégustent aujourd’hui avec très grand plaisir, à l’exception du Musigny, qu’il convient d’attendre encore.

Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin

Mardi 10 mars 2009

- Dégustation verticale Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques (2004-1961)

- Dégustation des 2006 sur fûts (avril 2007)

- Autres millésimes dégustés

Au cours de l’année 2007, deux dégustations d’envergure (la première sur deux jours à Beaune en avril, la seconde à Paris en décembre au cours d’une dîner d’exception) sont organisés autour des vins du domaine Armand Rousseau.

Pour plus d’informations sur ce domaine essentiel de la Côte de Nuits, prière de visiter le lien ci-dessous :

http://www.domaine-rousseau.com

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques : la grande verticale (2004-1961)

Le Clos Saint-Jacques, d’une superficie de 6,7 ha, est unanimement considéré comme le meilleur premier cru de Gevrey, digne de la qualité des Grands crus. Lors du classement des parcelles dans les années 30, il fût décidé que seules les vignes adjacentes au Chambertin étaient dignes d’être élevées en Grand Cru’Le Clos Saint-Jacques a donc été laissé de côté. Sans doute également parce que son propriétaire de l’époque, le Comte de Moucheron, fervent royaliste, ne souhaitait pas cautionner une procédure émanant d’un organisme de la République’.

En 1954, le Clos est vendu, et la famille Rousseau fait l’acquisition de 2,22 ha.
Les autres propriétaires sont aujourd’hui les domaines Bruno Clair, Sylvie Esmonin, Louis Jadot et Fourrier.

Plantée à 10 000 pieds/ha, les vignes reposent sur un socle de marnes blanches, exposé sud-est entre 275 et 300m d’altitude.

Le vin issu du Clos Saint-Jacques de Rousseau séduit par sa consistance d’expression, sa régularité et sa profondeur de chair veloutée.

Les notes qui suivent sont une synthèse de deux grandes dégustations.

La première a eu lieu en avril 2007, sur des vins issus du domaine et des bouteilles plus anciennes acquises aux Etats-Unis. Ouvert une heure avant le service, les vins ont alors été proposés dans l’ordre chronologique du plus jeune au plus âgé.

La seconde dégustation s’est déroulée à Paris dans un cadre privé en décembre 2007, avec des bouteilles provenant d’une excellente cave. Ouverts deux heures œ avant le service, les vins ont alors été proposés en cinq séries de 3, avec des millésimes de décennies différentes à chaque série.

2004 ***** (17,5)
Décembre 2007 : Robe rubis violacée. Nez très immature, fruits rouges et noirs, léger boisé perceptible. Superbe caractère épicé et nerveux, trame assez tendue, un peu anguleuse encore, avec cette touche légèrement végétale mais tellement fraîche des 2004. Les tanins sont croquants et réglissés, l’allonge veloutée, intense, encore très réservée, avec un côté un peu austère qui disparaîtra au vieillissement. Une année classique.

2003 ***** (17,5)
Avril & décembre 2007 : Robe violacée sombre. Expression charnue et épicée, riche, texture opulent, poivrée, très ample et profonde. Beaucoup de richesse et de réserves. Vin dense mais aucune lourdeur. Encore assez immature, assez ramassé, beaucoup de potentiel, à revoir dans quelques années.

2002 ***** (18,25)
Avril & décembre 2007 : Robe sombre. Nez réservé, marqué par le bois au départ, puis s’épanouit par touches florales. Dense et ample, grande allonge et pureté de fruit éclatante. Les tanins sont fins et abondants, la trame droite, racée, très persistante. Ce vin présente une vraie complexité, de la finesse et de la fraîcheur, et se montre extrêmement séduisant dès à présent. Vin harmonieux et complet, magnifique potentiel.

2001 ***** (17,75)
Avril 2007 : liégeux et diffus. Décembre 2007 : Vin encore très réservé, expression aromatique tendue, notes de terre fraîche. La bouche présente une trame svelte, élancée et vibrante, d’une grande distinction, dans un style épuré, très prometteur, mais qui se livre encore assez peu. Là encore, la finesse des tanins et l’intensité du fruit rendent ce vin relativement accessible en dépit de sa jeunesse.

2000 ***** (17)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis clair. Nez très pur, aérien, cerises, grande délicatesse aromatique. Style assez vif et floral, vin net, à ma matière soyeuse et distinguée, au charme irrésistible et très précoce. Délicieux aujourd’hui, il tiendra bien une dizaine d’années encore mais se montre proche de son apogée.

1999 *****/* (18,5)
Avril & décembre 2007 : Robe violacée très jeune. Nez très pur, encore assez fermé et réservé, fruits rouges frais, épices, évolue sur la cerise à l’aération. Matière ample et veloutée, profil racé, raffiné, d’une jeunesse idéale, avec une fraîcheur délicieuse et un peu mentholée. Délié, harmonieux, avec une très grande allonge épurée, c’est un grand vin, encore immature mais déjà éblouissant.

1998 ***** (17,5)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis dense légèrement évoluée. Nez complexe, orange sanguine, thym, très frais. Pleine de vigueur, la bouche exprime une tension apportée par une acidité désaltérante. Les tanins se fondent et présentent encore un caractère précis et net. Beaucoup de caractère, déjà délié et irrésistible par son début d’évolution aromatique sur des notes forestières mais capable de bien évoluer assez longtemps encore.

1997 ****/* (15,5)
Décembre 2007 : Vin parfumé, épanoui, plein de charme et de souplesse, mais un léger creux est perceptible en milieu de bouche. Déjà un peu fatigué, il est en retrait par rapport aux autres vins.

1996 *****/* (18,75)
Avril & décembre 2007 : Robe rubis intense et légèrement évolué. Premier nez marqué par le cuir, le cèpe frais, le zest d’agrumes. Grande précision de saveur et intensité aromatique, matière soyeuse, élancée, très raffinée, soutenue par une acidité et une pointe de CO² qui conserve la fraîcheur. Dans un style droit et un peu strict, c’est profond et très distingué, de très grande race. Finale inspirée, minérale et pure. Très grand vin d’évolution lente.

1995 ***** (17,5)
Avril 2007 : Robe rubis un peu évoluée. Nez épicé, fruit sec, poivre de Séchuan. Vin dense et ramassé, texture assez serrée, de la mâche et du muscle. Intensité de saveur minérale et bonne persistance pour ce vin équilibré qui doit encore vieillir et a besoin de respirer pour s’exprimer.

1993 *****/* (18,5)
Avril 2007 : la robe la plus sombre de tous les vins. Bouquet très complexe, épices, poivre, fraises, menthe fraîche, agrumes. Ferme, dense et sphérique, la bouche impressionne par sa jeunesse, sa matière et son intensité, avec une expression droite, profonde et majestueuse, encore un peu robuste. L’alcool et les tanins sont présents mais bien intégrés en finale. Grande fraîcheur de fruit, encore enfouie dans la structure du vin. Grande bouteille, grand potentiel de vieillissement mais moins de charme aujourd’hui que beaucoup d’autres millésimes.

1991 ****/** (17-18,75)
Avril 2007 : robe rubis évolué, ambré sur les bords. Bouquet très net et pur, touches de cuir fin, de terre, de fraises des bois et de menthe fraîche. Harmonieuse, épurée, la bouche séduit immédiatement par sa fraîcheur de fuit, sa trame digeste, très racée et svelte. Très complexe, entêtante, c’est une magnifique bouteille d’une grande délicatesse aromatique et qui semble parfaitement épanouie. Ce jour-là, peut-être le plus grand vin’ En décembre 2007, le vin se montre peu loquace, encore sur la réserve mais intense et complet. Peut-être le vin a t’il vieilli en cave plus fraîche ?

1990 *****/* (18,5)
Avril 2007 : Robe tuilée, assez ambrée. Bouqué évolué, giboyeux, épices. Le fruit est tout d’abord assez sec et confit, sur des notes de prunes cuites, dans une expression solaire et faisandée qui fait son âge et manque un peu de fraîcheur. A l’aération, le vin se réveille, évolue superbement et retrouve vigueur et fraîcheur, avec une glorieuse complexité et des notes de thé fumé. Complet, généreux et profond. Aération indispensable.

1988 ***** (17,75)
Bouteille bouchonnée en avril 2007. Décembre 2007 : Robe rubis sombre, tuilée sur les bords. Somptueux bouquet qui pinote, expression droite, encore un peu tendue, remarquable tenue de bouche au grain précis et trame qui s’assouplit à l’aération. Superbe persistance, énergie et tension en finale. Ce millésime s’est ouvert et ce vin se goûte idéalement aujourd’hui, même si il conservera toujours un peu de raideur. Fera merveille à table.

1987 ****/* (16,25)
Décembre 2007 : Robe rubis clair, reflets ambrés. Bouquet délicat, fruits frais et épices douces, touche de rose séchée. Vin épanoui, de caractère enjôleur et très délié, réjouissant par son naturel d’expression et sa franchise. Si il lui manque la profondeur et la persistance des grandes années, c’est un vin gourmand et suave, très charmeur et parfait à boire aujourd’hui, sans trop attendre.

1986 ****/* (16)
Décembre 2007 : Robe évoluée, dégradé tuilé. Bouquet aux notes tertiaires, humus, cèpes, mousse. Assez svelte, presque fluide en attaque, la bouche conserve une belle tenue et se prolonge dans un caractère nerveux, au fruit évolué mais encore présent, à l’acidité un peu pointue en finale. Là encore, l’aération lui fait beaucoup de bien. Vin d’excellent niveau pour un millésime difficile, mais qui doit désormais être bu.

1985 *****/* (18,25)
Avril 2007 : Robe dégradée, tuilée. Grande finesse et fraîcheur aromatique, notes fumées, thé, bergamote, menthe poivrée. Soyeuse, déliée, et épanouie, empreinte d’une belle fraîcheur de fruit, cette bouteille en pleine forme possède un charme exceptionnel, avec l’harmonie et l’évidence des grands vins à maturité. Harmonieux, fondu, peut-être déjà un peu fragile, à boire sans tarder mais offre énormément de plaisir.

1979 ****/* (15,25)
Décembre 2007 : très bon niveau (base goulot), robe très tuilée. Beaucoup de réduction à l’ouverture, notes déplaisantes de chou rave et d’eau de cuisson de légumes. Là encore, l’aération épure et réveille le vin, qui se montre délicat, fondu, subtil, un peu usé mais encore charmeur. Il conserve néanmoins un finale une touche végétale qui le durcit.

1971 **** (14,75)
Avril 2007 : niveau un peu bas. Robe très brunie, notes de thé froid et de café au lait. Encore du fruit en bouche mais oxydation perceptible, matière onctueuse soutenue par de l’acidité, bouteille sur le déclin mais toujours plaisante. Plus d’aération l’aurait sans doute réveillé un peu.

1961 ***** (17,5)
Décembre 2007 : niveau assez bas (5cm sous le bouchon). Robe dégradée, ambrée. Bouquet complexe, intense mais fragile, très évolutif, arômes secondaires (fruits rouges) et tertiaires. La bouche enchante par sa fraîcheur, l’ensemble est encore charnu mais assagi, bien vivant et parfumé. Vin élégant, émouvant, qui se boit avec un grand plaisir indépendamment de son grand âge.

Millésime 2006 au Domaine Armand Rousseau

Frédéric Robert, le nouveau régisseur du domaine engagé pour seconder la Charles et Eric Rousseau, assume désormais des tâches auparavant dévolues à Corinne Rousseau, partie vivre sous d’autres latitudes. Il nous accueille pour la dégustation des 2006 au domaine avant de nous proposer une promenade dans les vignes du Clos Saint-Jacques tout proche.

Echantillons dégustés sur fûts. Les fermentations malolactiques sont pratiquement finies en avril 2007. La cuverie est équipée de cuves inox, il n’y a pas de foudres en bois. Les macérations durent de 14 à 16 jours. Les rendements cette année sont de 30 à 35hl/ha, à l’exception du Clos de Bèze touché par la grêle qui plafonnera à 16hl/ha. Les fûts proviennent essentiellement de la tonnellerie François (90%) et un peu de chez Rousseau. Un peu de So2 est ajouté à la vendange avant pressurage, puis lors du premier soutirage après la fermentation malolactique, et enfin avant la mise en bouteille.

Gevrey-Chambertin ****/* (15,5)
Vin mûr, épicé, fruit tendre. Expressif et complet, très typé Gevrey.

Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux-Saint-Jacques ****/* (16,25)
Fruit pur, expression nette, tout en finesse, minéralité présente. Vin très équilibré, long et élancé. Na jamais été aussi bon, le niveau moyen du village et des 1er crus au domaine a considérablement progressé.

Gevrey-Chambertin 1er cru Cazetiers ****/* (15,75)
Un peu marqué par la réduction à ce stade. Plus charnu et épicé, beau volume, vin complet, tanins fins, un peu moins de finesse que le Lavaux.

Charmes-Chambertin ***** (16,75)
Robe assez claire, nez épicé, un peu réduit. L’attaque est très charnue, avec un fruit rond, une texture crémeuse, des arômes de rose. Assez riche, intense et persistant, c’est un vin de beau volume, gourmand et expressif.

Mazy-Chambertin ***** (16,5)
Vin dense, buriné, terrien. Tanins fermes et beau volume. Vin complet, très immature, un peu sauvage et encore en retrait.

Clos de la Roche ***** (17,75)
Nez très différent, beaucoup plus minéral, tendu, notes d’églantine, très pur. L’attaque en bouche est tendre, avec une matière élancée et précise, nerveuse et élégante. Vin complet, d’une superbe pureté de saveurs, avec beaucoup de tension et de fraîcheur. Magnifique persistance, un futur classique.

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques *****/* (18,25)
Nez sur la fraise des bois, notes minérales et ronces. Précise et pointue, la bouche présente un fruit intense, soyeux et rond, avec une magnifique longueur épicé et le moelleux si typique du cru. Le bois neuf est assez présent, l’échantillon est tiré sur un fût neuf.

Chambertin *****/* (18,5)
Nez très serré, peu expressif. La bouche s’avère immédiatement puissante et très ample, ramassée, aux tanins denses et fins. Vin très profond, un peu austère, encore assez massif à ce stade, mais promis à une longue évolution.

Chambertin Clos de Bèze *****/* (19)
Habituellement, le Chambertin est proposé en dernier à la dégustation, cette année le Clos de Bèze ferme la marche. Nez très expressif, floral, épicé et très subtil, d’une grande délicatesse aromatique. Charnu, plein, explosif et flamboyant, ce vin séduit par son intensité, sa pureté et son élégance naturelle. Très grande persistance. Très grand vin.

Millésime 2005

Quelques 2005 nous sont ensuite proposés, très difficiles à déguster en raison de leur très récente mise et de la présence encore très marquée du So2.

Clos de la Roche 2005 *****/* (18,25)
Très intense, ample, magnifique étoffe. Vin très riche et profond, aux tanins abondants et gourmands. Densité de matière inhabituelle.

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2005 *****/* (18,75)
Sublime nez épicé et floral, ensemble très élégant et velouté, intense, harmonieux, raffiné, somptueusement étoffé et profond, amène lentement une finale majestueuse d’une résonance rare. Proprement magique, d’une irrésistible séduction qui durera un demi-siècle’.

Chambertin Clos de Bèze 2005 *****/* (18,5)
Difficile, très marqué par le SO² qui serre la bouche et masque les arômes. Très réservé, profond, très prometteur.

Chambertin 2005 *****/* (19)
Sur le plan aromatique, même configuration liée à la mise en bouteille qui date de quelques jours seulement. Beaucoup plus expressif que le Clos de Bèze (ce qui a été le cas pendant tout l’élevage, nous dit-on), c’est un vin très ample, impérial, incroyablement profond. Très complet, serré en finale.

Autres Millésimes

Toujours en compagnie de Frédéric Robert, nous enchaînons un très sympathique déjeuner au restaurant chez Guy, à Gevrey-Chambertin. Nous dégustons alors :

Charmes-Chambertin 2002 ****/* (16)
Vin fin, souple et gourmand, fruit délicat et sain, facile d’accès, très bon vin tout en séduction mais on peut souhaiter un peu plus de densité de matière.

Clos de la Roche 2002 ***** (18)
Robe assez sombre. Nez minéral, pierre mouillée, ronce, mousse fraîche, irrésistibles notes de végétal mûr. Grande pureté de texture, fruit éclatant, très expressif et intense, magnifique expression de fruits de bois et de fraise écrasée en finale. Grand vin, encore très jeune.

Clos de la Roche 1996 ***** (17,25)
Robe assez claire, un peu tuilée. Nez superbe, fraîcheur minérale, notes d’orange sanguine. La bouche est élégante et déliée. Ensemble digeste, fin et svelte.

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2000 ***** (17,75)
Le nez surprend au premier abord par son expression de poivre blanc et de petits fruits épicés. L’attaque exprime une grande gourmandise et fraîcheur de fruit, au caractère cristallisé, pulpeux, et un style délié, épanoui. La finale dévoile un caractère épicé, opulent, très intense. Merveilleux vin délicieux à boire dès aujourd’hui, mais qui est loin d’avoir dit son dernier mot.

Après un peu de repos, un dîner de haute volée est organisé chez Lameloise à Chagny le soir même. Eric Rousseau s’est excusé, et Frédéric Robert le remplace efficacement et a prévu quelques flacons exceptionnels :

Chambertin Clos de Bèze 2000 ***** (18,25)
Dégusté en magnum. La robe rubis violacée est très peu évoluée. Fringant, très expressif et plein de fraîcheur, le nez dévoile des notes florales, églantine, épices, et une légère touche de terre. Traversée par une minéralité discrète, la bouche présente beaucoup d’élan, une grande intensité de fruit qui rappelle les notes florales, très pures et subtiles. La fraîcheur et la finesse sont exceptionnelles. Absolument délicieux, ce vin possède l’évidence des grands. Il sera idéal dans 2 ou 3 ans.

Chambertin 2000 *****/* (18,75)
Dégusté en magnum. La minéralité est beaucoup plus prononcée que dans le Clos de Bèze, on note plus d’intensité, une grande profondeur et précision de saveurs, une trame plus dense et serrée mais avec une rare transparence d’expression. Rare intensité et persistance, élégance innée des plus grands vins.

Ruchottes-Chambertin 1995 ***** (18)
Robe assez peu évoluée. Nez d’une grande fraîcheur, petits fruits rouges, bouche fondue, d’une grande élégance, tanins ronds et très fins, pureté d’expression magnifique. Un vrai classique, sans le caractère sec et un peu raide de beaucoup de vins du millésime.

Chambertin Clos de Bèze 1995 *****/* (19)
Fruit très fin et frais, notes acidulées, bouche très ferme, jeune et vigoureuse, qui dégage une énergie étonnante, avec un fruit éclatant. Très grand vin encore immature, plénitude et persistance de saveurs exceptionnelle. Suprêmement équilibré, pureté aromatique d’anthologie. Finale encore un peu serrée, immense potentiel.

Chambertin Clos de Bèze 1990 *****/* (18,5)
Robe incroyablement jeune, très peu d’évolution. Nez troublant de fraîcheur et de pureté, Vin immature et épicé, au fruit envoûtant, intensité fascinante. Vin perturbant car semble bloqué dans son évolution, paraît 5 ans d’âge’. Même si en soi le vin est magnifique, on ne peut évacuer un peu d’incrédulité devant le caractère trop parfait de ce vin. Le bouchon ne présente aucune trace de contrefaçon, mais les esprits de certains semblent pollués par les craintes de fausses bouteilles…

Chambertin 1990 ***** (18,25)
Superbe robe rubis légèrement tuilée. Nez d’une grande fraîcheur, notes d’épices et d’orange sanguine, grande intensité et immense longueur, taffetas, vin radieux, solaire, complet et épanoui. La finale est encore ferme, profil impérial. Grande évolution prévisible mais déjà à son apogée.

Dégustations des 2003 sur fûts (en avril 2005) :

Gevrey-Chambertin 2003 **** (14,75)
La robe est rosée, assez claire. Le nez est gourmand, marqué par les fruits mûrs, la bouche est charnue, fraîche, ronde et mûre. Très bon Gevrey dans un style précoce.

Charmes-Chambertin 2003 ****/* (15,5)
La robe est un peu plus foncée. Assez opulent, le nez est marqué par les épices. La bouche est suave, avec un fruit mûr et légèrement épicé. Ce vin possède un profil fin, svelte et charmeur, mais manque un peu de dimension.

Clos de la Roche 2003 ****/* (16)
Robe plus sombre. Nez sauvage, épicé, fruits noirs. La bouche présente plus de fermeté et de densité, avec une texture raffinée. Charnu, intense et savoureux, ce vin déjà très séduisant possède la réserve tannique suffisante pour une longue évolution, en dépit de son caractère précoce. Très épanoui aromatiquement, se goûte superbement.

Ruchottes-Chambertin 2003 ****/* (16)
Nez floral, très mûr, rose épicée, cerises. La chair est tendre, combinant délicatesse et vigueur, l’ensemble assez élancé et précoce présente toute la séduction d’un grand pinot mûr. Plus avenant que le Clos de la Roche bien que très différent.

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2003 ***** (17,5)
Robe plus claire et plus violacée à la fois. Le nez est très fin, d’un grand raffinement aromatique, notes d’églantine, léger boisé doux. Bouche suave, fraîche, florale, grande finesse. Caractère alliant la maturité du millésime à la race du terroir, dans un ensemble très harmonieux. Exceptionnelle persistance. Grand vin.

Chambertin Clos de Bèze 2003 *****/* (18)
Robe violacée. Nez de fruits rouges, framboise, trace de boisé noble ‘ bois de santal - (100% fût neuf). La bouche est ample, veloutée, avec un boisé très bien intégré, un fruit mûr et éclatant. Vin de grande classe, se goûte déjà merveilleusement, avec un fraîcheur superlative. Persistance hors du commun, finale aérienne. Très grand vin.

Chambertin 2003 ***** (17,75)
Nez plus austère, réservé et pointu, note de bois et de terre. La bouche est serrée, dense et pleine, imposante, dans un style vigoureux, musclé, qui s’épure à l’aération. Style long, intense, profond. Toujours plus fermé et en retrait dans sa jeunesse par rapport au précédent.

Au cours du pique-nique partagé après la dégustation avec Corinne Rousseau, un beau Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 1997 ****/* (15,5) est servi. Vin fin, souple, parfumé et épanoui, mais avec un fruit moins éclatant et un peu moins de complexité qu’une autre bouteille bue il y quelques mois. Très bon néanmoins.
Nous goûtons également un Condrieu Fleurs d’Automne 2002 du domaine Pierre Gaillard ****/* (16) . Cette rare vendange tardive possède une superbe robe cuivrée, un nez exubérant de confiture de prunes, d’abricot confit et de gelée royale. La bouche est onctueuse, florale, opulent sans jamais sombrer dans la lourdeur ni l’excès de sucrosité. Il y a pourtant 180 gr de sucres résiduels naturels, mais une très belle vivacité due à l’acidité apporte de la fraîcheur. Délicieux.

En résumé :

Accueil sympathique et détendu de la part de Corinne Rousseau, très enjouée.
Le domaine couvre 14 hectares, majoritairement en grands crus. Nous dégustons les 2003 juste avant la mise en bouteille. A noter que les fermentations malolactiques des 2004 n’ont ici pas encore commencé. 2003 a subi une légère acidification au départ.
Niveau qualitatif homogène et très élevé. Après 2001 et 2002, 2003 constitue une nouvelle et éclatante réussite au domaine. A l’exception du Clos Saint-Jacques et des Chambertin, la plupart des autres crus peuvent ici s’apprécier dans leur jeunesse, à condition de les aérer au préalable. Le domaine Rousseau s’inscrit dans la lignée des grands classiques bourguignons, par l’élégance et la séduction de ses vins. Un petit passage à vide entre 1994 et 1998 (vins parfois dilués, un peu simples surtout en Gevrey 1er cru, Charmes, Mazis, et Clos de la Roche) est oublié, les vins sont depuis revenus au meilleur de leur forme. Le plus grand souci reste d’arriver à en obtenir plus d’une ou deux bouteilles….

Domaine des Lambrays, Morey-Saint-Denis

Mardi 10 mars 2009

Avril 2005

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2004 ****/* (15)
50% de fût neuf. Vin net, frais, beau fruit pur, précis et vif, belle nervosité et style moderne avenant.

Puligny-Montrachet 1er cru Caillerets Clos du Cailleret 2004 ****/* (16)
Même si le nez reste discret, le vin possède un très net supplément d’élégance et de minéralité par rapport au précédent. La pureté et la fraîcheur sont ici exemplaires, et la complexité viendra avec un minimum de vieillissement.

Clos des Lambrays 2004
Goûté en fin de fermentation malolactique, dont très difficile à apprécier. Des qualités de netteté et de fraîcheur du fruit sont toutefois aisément perceptibles.

Clos des Lambrays 2002 *****(16,75)
Très jolie robe, nez fin marqué par des notes de mousse, de fruits noirs frais, pointe de cuir. Dans un style à la fois tendre et friand, ce vin allie fruit mûr et tanins fins, avec une certaine élégance et une belle complexité. Les tanins sont réglissés, le vin revèle à l’aération des arômes de fruits noirs, de mûre, myrtille, sous-bois, épices.

Clos des Lambrays 2001 ***** (17)
Très racé et pointu, le nez est marqué par la cerise noire. Le vin présente le profil pur, net et vif du millésime, avec une très belle acidité, un côté ferme et tendu, vivant, très tonique, et une belle longueur. Sans doute moins séduisant aujourd’hui que le 2002, il possède de grandes réserves et évoluera de façon très élégante avec l’âge.

Morey-Saint-Denis 1er cru 1999 ****/* (15,5)
La robe est plus foncée, le vin ferme, assez robuste, sur les fruits noirs, avec des tanins marqués une belle densité et une finale encore un peu abrupte. Beaucoup de volume et de profondeur, vin très jeune, beau potentiel.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2001 ****/* (16)
Vin pur, séveux, très gourmand sans aucune lourdeur, à la fois souple et racé, très floral. Délicieux.

En résumé :
Accueil chaleureux de Thierry Bouin, le très sympathique et volubile régisseur du domaine. Son discours vivant et plein de franchise offre un singulier contraste avec la réserve de François Millet le matin même…Nous dégustons les 2004 en fût en fin de fermentation malolactique. Les blancs sont ici vinifiés dans l’optique d’une consommation précoce, en exaltant le fruit et la fraîcheur. Ils sont cependant certainement capables de vieillir sur le moyen terme.
Le style des vins rouges du Clos des Lambrays est fidèle à la personnalité du terroir, marqué par les fruits noirs, des notes épicées, empyreumatiques, parfois fumées. Si les millésimes antérieurs à 1995 ne sont pas vraiment mémorables, de gros efforts ont été entrepris ici par les nouveaux propriétaires allemands pour restaurer la propriété et le niveau des vins. Le style est franc, direct, toujours soutenu par de belles acidités qui exaltent la finesse et l’élégance naturelle du pinot. Quiconque a eu la chance de goûter un vin des années 1940 ou 1950 connaît la valeur du terroir du Clos…personnellement, un 1952 bu en 2002 restera une de mes plus grandes expériences de Bourgogne.
A noter, le discours de Thierry Bouin au sujet du peroxyde d’azote, substance présente sur les bouchons de liège depuis 1995 et qui détruirait le So2 libre (le soufre) protégeant le vin à l’évolution…Ce peroxyde d’azote serait responsable des nombreux vins blancs prématurément oxydés ces dernières années. A suivre….

Domaine Leflaive, Puligny-Montrachet

Mardi 10 mars 2009

Millésime 2004

Nous sommes reçus par Ludovic Pierrot, jeune oenologue arrivé en 2005 au domaine, qui nous fait déguster les 2004 après nous avoir entretenu du nécessaire pouvoir réducteur des élevages sur lies, et de l’importance des acides aminés et du glutation..discussion avec un oenologue.

Mâcon-Verzé 2004 **** (14)
Domaine Joseph Leflaive. 9 hectares de vignes de 40 ans d’âge, 1er millésime produit sur ce tout nouveau domaine. Les ravages de la grêle n’ont permis qu’une production de 15hl/ha’.Vin vif, pur, net, frais, bonne acidité. Le style du domaine est bien reconnaissable.

Bourgogne 2004 ****/* (15)
Vendanges effectuées le 22 septembre 2004. Très vif, nerveux, plein et tonique, beaucoup de vivacité. Droit, excellent.

Puligny-Montrachet 2004 ****/* (15,5)
Frais, croquant, très énergétique, Vin vif, acidité élevée, beau fruit, style cristallin, légère amertume de jeunesse. Long mais assez austère et serré. 10-15% de bois neuf.

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2004 ****/* (15,75)
Grande structure acide, goût de lies, très strict, beaucoup de réserves. Les vins sont en pleine phase de réduction, encore sur lies. Ce pouvoir réducteur des lies est hautement nécessaire pour les vins blancs car il prévient l’oxydation.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2004 ****/* (16)
Nez inexpressif. Vin très tendu, acidité au cordeau et grande minéralité, Précision impressionnante, grande persistance. Aucun expression aromatique à ce stade, tout se joue encore sur la structure.

Puligny-Montrachet 1er cru Pucelles 2004 ****/* (15,5)
Vin muet sur le plan aromatique, semble un peu plat, se goûte mal. A revoir.

Bienvenues-Bâtard-Montrachet 2004 ****/* (17,25)
Grand vin puissant, beaucoup de volume, très ample et intense, plein, très dense et racé. Grand potentiel. L’expression aromatique est aussi neutre, la réduction perceptible, mais la corpulence de ce vin le rend plus approchable.

Bâtard-Montrachet 2004 ****/* (17,75)
Nez fermé, réduit et peu expressif, bouche très ample et profonde, intense longueur minérale. Très grande persistance et minéralité en finale. Sera grand mais doit s’harmoniser.

Chevalier-Montrachet 2004 ***** (18)
Nez aérien, floral, discret mais bien défini. En bouche, la minéralité est perceptible, le vin s’exprime avec élan, montre un éclat cristallin, une structure tendue, tout en allonge. Extrêmement racé et pur, encore dans les limbes’

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2003 ****/* (15,5)
Notes de quinine, d’écorce d’agrumes. Beaucoup de poids, le vin s’est resserré, se montre très dense et gras. Surprenant, quel sera son potentiel ?

Chevalier-Montrachet 2001 *****/* (18,75)
Robe dorée intense. Notes de menthe fraîche au nez, bouche immense, crémeuse, miel frais, texture onctueuse et douce, longueur impressionnante, grande densité et allonge, pureté et minéralité rare, très grande classe. Déjà assez approchable mais attendre au moins 2012 idéalement’.

En résumé : Des vins très marqués par l’acidité du millésime, qui évoluent très lentement et seront sans doute de très grande garde. Extrêmement difficiles à déguster à ce stade, très marqués par la réduction. Peu d’inquiétude cependant pour l’avenir, mais il faudra les déguster à nouveau en 2006.

En juin 2005, nous visitons les caves du domaine où les 2004 subissent leur fermentation malolactique. Seul vin apte à la dégustation ce jour-là d’après Anne-Claude, le Montrachet du domaine est proposé à dégustation. C’est un grand privilège, réservé à quelques rares élus, que de pouvoir déguster sur fût le Montrachet du domaine Leflaive : 2 pièces lorsque les rendements le permettent, soit environ 600 bouteilles’.

Montrachet *****/* (19)
Malo juste terminée. Expression très fine et aérienne, tout en nuances, fleur de vigne, noisette. La bouche est délicate et suave, sur une attaque discrète, qui ne cesse ensuite de prendre de l’ampleur et de monter en puissance. Encore très « diamant brut », ce vin se distingue avant tout à ce stade par son élan et son extrême longueur, qui lui confèrent une distinction évidente et racée. Un futur très grand dont il faut espérer faire à nouveau la rencontre’..

Juin 2005 : dégustation comparative sur différentes cuvées du Clavoillon

A l’occasion d’une visite en juin 2005, Anne Claude Leflaive me propose de participer à une dégustation exceptionnelle, en sa compagnie et en celle de Pierre Morey : une comparaison, sur trois millésimes, des vins produits sur deux parcelles témoins du Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon, une travaillée en biodynamie et une autre d’abord en conventionnel (« conventionnel de synthèse » comme le résume ironiquement Anne-Claude), puis en biologie.
L’expérience a duré 7 ans, depuis octobre 1990 jusqu’à fin 1997, et 1998 fût au domaine le premier millésime où l’usage de la biodynamie a été total. La vigne du domaine en Clavoillon est très vaste (plus de 4 hectares), il était donc aisé d’y isoler sur 60 ares deux vignes témoins pour les traiter séparément. Les rangées ont donc été bien identifiées, et les vinifications des vins séparées pour voir quelle incidence les méthodes de culture pouvaient avoir sur les vins.

En 1997, la conclusions se sont imposées : la vigne cultivée en biodynamie a donné régulièrement des vins plus purs, plus précis, plus fidèles au terroir.
Démonstration :

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 1991 (***/*) conventionnel / (****/*)
biodynamie
Robe assez dorée, nez évolué, un peu lourd, un peu pâteux, champignons ?. Acidité assez faible en bouche, vin floral, assez fin et fluide, parvenu à maturité. Pierre Morey explique qu’en 1991, les raisins étaient très fragiles car de violents orages les ont bletti. La très importante électricité statique a eu pour effet de décomposer rapidement les pellicules, provoquant l’apparition de champignons.
Le même vin dégusté issu de la parcelle en biodynamie présente la même robe évoluée, un rien plus lumineuse. Le nez est par contre beaucoup plus frais, avec des notes de menthe, de pommes, et une bien meilleure définition aromatique. La bouche est plus pure, plus ample et complexe, avec plus de force et d’énergie. Le vin est long, a encore du potentiel.

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 1994 (****/*) conventionnel / (*****)
biodynamie
Année difficile, gel, grêle, raisins très mûrs, beaucoup de botrytis mais pas trop au domaine. Bon état sanitaire cependant, au-dessus de la moyenne au domaine. Nez avenant, miel d’acacia, bouche riche, souple, attaque assez nerveuse, arômes d’ananas. Assez souple, consistant et savoureux, avec un fruit charnu et épicé, ce vin de bonne longueur (mais on en souhaiterait un peu plus) se montre délicieux et expressif aujourd’hui.
Le même vin dégusté issu de la parcelle en biodynamie présente, curieusement, une robe plus évoluée, un nez beaucoup plus nerveux et réservé. La bouche est assez robuste, plus minérale, plus puissante. L’acidité est également plus présente. Le vin montre une personnalité plus homogène, plus élancée, possède plus de nuances et de longueur.

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 1997 (****/*) conventionnel / (**)
biodynamie
Année très mûre, qualité assez élevée, acidités basses. Le nez est d’une très grande intensité, vraiment riche sur le plan aromatique, avec des notes de noisettes grillées, de genièvre. La bouche est très ample, dense, juteuse, avec beaucoup de sève. Long, raffiné, subtil et racé, avec une finale vigoureuse. C’est un grand vin proche de son apogée.
Le même vin dégusté issu de la parcelle en biodynamie est hélas oxydé. Une deuxième bouteille montre, elle aussi, des signes inquiétants d’oxydation. Selon Pierre Morey, le lot entier a été embouteillé avec une protection insuffisante en So2 (ce vin n’était pas destiné à vieillir ni à être ccommercialisé), et il y a fort à craindre pour que le lot entier soit affecté par le même problème.
Nous terminons donc avec le
Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2002 (*****)
Le vin exprime immédiatement une très grande pureté d’arômes et de texture, une très grande énergie, un sentiment de force, d’harmonie, et une longueur magnifique. La précision aromatique et la finesse sont enthousiasmantes. Grand vin parti pour un très long vieillissement.

Novembre 2004, avril 2005 : Millésime 2003

Echantillons tirés sur fûts dégustés en compagnie d’Anne-Claude Leflaive. Légère correction acide au départ. Plus de filtration depuis 1999. Mises en bouteilles d’abord prévues en janvier, mais effectuées fin mars 2005, comme habituellement au domaine.

Bourgogne 2003 **** (14,5)
13,9 ° degrés naturels ! Le ton est donné. Très beau nez pur, fleur de vigne, mûr et minéral. Bouche grasse, ample, mûre, onctueuse, très généreuse. Très bon.

Puligny-Montrachet 2003 **** (15)
Beau nez net et minéral. La bouche est grasse, pleine et mûre, assez crémeuse et marquée par des arômes de fleurs blanches. Matière ample et très riche, finale épicée, poivre blanc. La minéralité est là mais moindre que d’habitude…

Meursault 1er cru Sous le Dos d’Ane 2003 **** (14,5)
Nez un peu grillé, vin riche, corsé, fruit très mûr. Notes d’agrumes confits, déjà assez évolué.

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2003 ****/* (15,5)
Le domaine possède 4,75 ha sur les 5,2 ha au total de ce 1er cru. Nez complexe, minéral et tendu pour le millésime. En bouche, le vin est gras, confit, mûr, plein, profond, arômes de poivre blanc et de terre chaude. Bel équilibre, plus long, vraie structure minérale. Vin intense et très expressif, révélation du terroir dans ce millésime.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2003 **** (14,75)
14,1°naturel. Nez un peu grillé, rôti, notes fumées, vanillé, boisé léger, assez atypique. Bouche intense, vin ample et puissant, agrumes confits, paraît plus lourd, la minéralité naturelle du terroir est en retrait. Surprenant, bon mais où est le terroir ? Très marqué par le millésime. Le terrain maigre et caillouteux a beaucoup souffert de la canicule.

Puligny-Montrachet 1er cru Combettes 2003 ****/* (15,25)
Plein, toujours très mûr et chaleureux, style puissant, bouche ample, un peu lourde.

Puligny-Montrachet 1er cru Pucelles 2003 ****/* (16-16,5)
Très clairement supérieur aux vins précédents. Robe plus claire, Grand nez fin, réservé, pur et racé, grande minéralité et finesse. La bouche est ample, droite et élancée, délicatement poivrée, très étoffée, grande race. Notes florales à l’aération, agrumes et citron vert, profondeur minérale, belle fraîcheur. Ici le terroir continue à s’exprimer malgré la marque du millésime; 12 ou 13 000 bouteilles produites contre 24 000 habituellement. 14 propriétaires sur 3 ha à part le domaine Leflaive.

Bienvenues-Batard-Montrachet 2003 ***** (17,25-17,75)
Nez intense, étonnant et très différent, fruits exotiques, ananas sec, raisin frais, grande personnalité, beaucoup de densité, d’extrait sec et de gras. Grande densité de matière, superbe complexité, acidité importante, style opulent, presque baroque, et en même temps, très précis, velouté, très séduisant. Très intense, grande réussite. La finesse viendra au vieillissement mais la race est indéniable. Les vieilles vignes ont sans doute particulièrement bien résisté à la canicule.

Batard-Montrachet 2003 ****/* (16,75-17)
Nez plus subtil, assez frais, racé et floral, tendu, plus ferme, peu expressif. Bouche crémeuse, ronde, charnue, beaucoup de finesse et d’élégance. Arômes de poivre blanc et de truffe. Belle matière nerveuse, bonne profondeur et longueur. Très bon mais sans la plénitude et l’harmonie du précédent.

Chevalier-Montrachet 2003 *****/* (18-18,5)
Nez qui évoque des huiles végétales, touches grillées et fumées, s’épure sur la fleur de vigne. Beaucoup de concentration en bouche, minéralité présente bien qu’atténuée par la marque du millésime, grande tension et maturité, de l’élan, du gras et du corps, très complet. Vin racé et très charnu, crème et épices en finale. Somptueux vin hédoniste, baroque, un peu décadent. Le vieillissement exaltera la complexité. Réussite majeure du millésime.

En 2003, 280 bouteilles de Montrachet ont vu le jour, aussi ne nous est-il pas proposé à dégustation.

En résumé : Il était sans doute impossible de faire beaucoup mieux en 2003, et le domaine s’en sort haut la main au regard des difficultés du millésime. Depuis 1994 ou 1998, 2003 est sans doute le millésime le plus difficile à Puligny. Les grands 2000, 2001 ou les exceptionnels 1999 et 2002 sont bien sûr ici à rechercher en priorité. Et 2004, nous dit-on, s’annonce très bien. Il faut donc être très sélectif, mais les Pucelles, le Bienvenues-Bâtard et le Bâtard risquent de surprendre au vieillissement.

Novembre 2003 : Millésime 2002

En l’absence de Pierre Morey et d’Anne-Claude Leflaive, nous sommes reçus par le responsable de la cuverie dans les très belles caves situées sous le bâtiment principal de Puligny-Montrachet. Les 24 hectares du domaine nécessitent tous les ans environ 500 barriques : seules 240 ont été utilisées en 2003. Les vins seront mis en bouteille en mars/avril. Les vins élevés en barriques ont été assemblés dans les cuves en septembre.

Bourgogne blanc 2002**** (14,75)
15% de fûts neufs seulement, vin riche, puissant, beaucoup d’acidité. Parcelle qui s’apprête à être classée en village.

Puligny-Montrachet 2002 ****/* (15,75)
Vin rond, gras, ample, très long, beaucoup de classe.

Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2002 ****/* (16,25)
Nez plus gras et riche, beurré, bouche tout en finesse, beaucoup de minéralité, grande concentration, finale sur les agrumes.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2002 ***** (16,5-17)
Caractère fumé. 20% de bois neuf, 30 barriques, superficie d’1,2 ha. Vin intense, classique, très expressif et long.

Puligny-Montrachet 1er cru Combettes 2002 ***** (16,5-17,25)
20 barriques par an. Nez plus gras, beurré, noisette, un rien toasté. Beaucoup de classe et d’intensité, vin très riche et plein, puissant, ample, la minéralité revient en finale. Vin superbe, combine le meilleur de Meursault et de Puligny.

Puligny-Montrachet 1er cru Pucelles 2002 ***** (17,5)
60 barriques. Nez tout en finesse et minéralité, somptueuse note de fleur de vigne. Vin très raffiné, élégance immédiate, longueur subtile, qualité et niveau d’un grand cru. Absolument remarquable.

Bienvenues-Batard-Montrachet 2002 ***** (17,75-18,5)
20 barriques. Vin très expressif, intense, puissant, notes de fruits blancs mûrs, beaucoup de matière et de richesse, ensemble gourmand et précoce, friand, puissant et complet. Vin très complexe, aux dimensions impressionnantes. Splendide.

Batard-Montrachet 2002 *****/* (18,5-19,25)
2 hectares, 45 barriques. Nez plus en finesse, d’une très grande fraîcheur, explosion en bouche, le vin gagne en puissance et en ampleur, vraiment magnifique et majestueux, exceptionnel de profondeur et de race. Potentiel immense, classe exceptionnelle.

Chevalier-Montrachet 2002 ****** (19,5)
1,6 ha. 30 barriques. Nez aérien, réservé, cristallin, notes de fleurs de vigne. Bouche aristocratique, ciselée, attaque plus serrée puis se déploie avec encore plus d’intensité, de longueur et de raffinement. La distinction et l’allonge de ce vin est stupéfiante. Eventail d’arômes incroyablement complexes à l’aération, pâtisserie, fleurs, confiserie.

En résumé : La réussite du domaine en 2002 est exceptionnelle, tout les vins expriment au plus haut degré de précision leurs terroirs respectifs. 2002 est ici un très grand millésime, supérieur à 2000 et à 1999, sans doute du niveau de 1992 ou 1985. Les vins sont ciselés, gourmands, très bien définis et complets, avec une richesse et une sève idéales. De futurs grands classiques.

Domaine Jacques-Frédéric Mugnier, Château de Chambolle-Musigny

Mardi 10 mars 2009

Région : Bourgogne
Cépage : Pinot noir, chardonnay
Superficie : 14 ha.

En 2004, le domaine a quasiment triplé sa superficie en récupérant en exploitation propre l’intégralité du monopole des 9 hectares du Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos de la Maréchale. Celui-ci était auparavant exploité et commercialisé par la Maison Faiveley.

Frédéric Mugnier est un homme réfléchi, discret, passionné. Le commentaire du pianiste Glenn Gould à propos d’un de ses enregistrements, mis en exergue sur les plaquettes de présentation du domaine, résume assez bien l’approche de Frédéric et le recul qu’il estime nécessaire : \”There is a lot of piano playing going on here, and I mean that as the most disparaging comment possible\”. (« il y a beaucoup de jeu de piano ici, et je l’entends comme le commentaire le plus désobligeant possible »).

Novembre 2005 : François Morissette, assistant de Frédéric Mugnier, nous fait déguster les vins en cave :

-Chambolle-Musigny 2004 ****/* (15,75)
Provient de vignes situées en Combe d’Orveau et en 1er cru les Plantes. Net très frais, framboise, style très net, souple et classique. Ensemble fin, élégant, soutenu par une belle acidité, avec un fruit pur et très séduisant. Long. Très réussi, sans doute assez précoce.

-Chambolle-Musigny 1er cru les Fuées 2004 ****/* (16,25)
Robe foncée, nez assez fermé, sauvage, fruits noirs. Bouche ferme, intense et très élégante, beaucoup de profondeur, texture raffinée, tanins très fins. Encore assez réservé, beaucoup de potentiel. Ce vin semble avoir gagné en densité par rapport aux millésimes précédents.

-Bonnes-Mares 2004 ***** (17,5)
Très coloré, intensité épicée au nez, notes minérales, terre et fruits noirs. Très dense, profond et ferme en bouche, grain très précis et pur, tanins raffinés. Ensemble très complexe, vin complet d’une grande plénitude. Très grande persistance. Grand vin, très grand potentiel. A considérablement progressé récemment.

-Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 2004 *****/* (18,75)
La grêle d’avril a fait des ravages : seules 5 pièces ont été produites ici. Nez très intense, finesse extrême, texture délicate, bouche élancée, soyeuse, très pure, très grande délicatesse de texture, transparence du terroir. Complexité et persistance exceptionnelle. Très rare qualité dynamique, vibratoire, assez magique.

-Musigny 2004 *****/* (19,25)
Nez enchanteur. Merveilleuse complexité, évoque un amoncellement de soies précieuses, d’étoffes somptueuses et aériennes. Persistance aromatique absolument exceptionnelle. A mes yeux le plus grand Musigny dégusté au domaine jusqu’ici, d’une classe à couper le souffle. Vieillira 30 ans.

-Nuits-Saint-Georges Clos des Fourches 2004 **** (15,75)
En 2003, le second bail de 50 ans, qui confiait l’intégralité du Clos de la Maréchale à la maison Faiveley, est arrivé à son terme. En 2004, l’intégralité de la vendange des 9,5 ha, soit 170 pièces, a été vinifié au domaine. Cette cuvée de Clos des Fourches correspond aux jeunes vignes ne rentrant pas dans l’assemblage du grand vin. Nez fermé, bouche assez ferme, belle intensité et acidité, fruit rouge en avant, du muscle. Vin svelte, franc, très net, tanins fins abondants. Très prometteur et assez facile d’accès.

-Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos de la Maréchale 2004 ****/* (16,25-16,5)
Nez de fruits rouges et noirs, minéral, assez fermé. Intense, juteux et très ample, ce vin possède une structure ferme, musclée, un fruit sphérique et dense. Les tanins sont mûrs, très abondants. Très belle expression minérale. Vin très prometteur, long, finale pure, belle fraîcheur d’ensemble.

-Chambolle-Musigny 2003 ****/* (15,75)
Superbe nez, mûr et frais, bouche opulente, ronde, charnue et très séduisante, belle fraîcheur pour le millésime. Tanins ronds, soyeux. Superbe vin, avec un côté pulpe de fruit assez irrésistible.

-Chambolle-Musigny 1er cru les Fuées 2003 ***** (16,75)
Robe rubis violet très intense. Nez mûr, délicat, notes de mûre, pulpe de fruits, très intense. Beaucoup de mâche, tanins fins, de la sève, texture onctueuse, crémeuse, assez opulente, légèrement épicée. Arômes de fruit très mûrs, ensemble équilibré, beaucoup de volume et de profondeur. Très beau vin, grand potentiel.

-Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 1997 ***** (17,75)
Délicat, raffiné, texture suave et élancée, vin aérien, très intense, magnifique. Très jeune, étonnamment vif et pénétrant. Grand vin qui a retrouvé de la profondeur et de la race au vieillissement.

Dégustation en juin 2005 :

Côtes de Nuits \”Saint-Seine\” 2004 **** (14,5)
3 pièces seulement, parcelle située derrière le mur sud du Clos de la Maréchale. Belle robe violacée, vin vif, belle acidité, fruit acidulé, beau fond.

Chambolle-Musigny 2004 ****/* (15)
Robe violacée, brillante. Nez très chambolle, net et frais, très délicat. Elancé, fin.

Chambolle-Musigny 1er cru Fuées 2004 ****/* (16)
Robe plus foncée, nez de fruits noirs, notes florales, style fin et parfumé. Bouche souple, pointue, ensemble pur, frais, minéral, très épuré. Très prometteur.

Bonnes-Mares 2004 ***** (16,5)
Nez superbe, très pur, sauvage et nerveux. Bouche ample, très racée, pure et minérale. Grand potentiel.

Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 2004 *****/* (18,5)
La malolactique est terminée. La grêle du 30 avril 2004 a fait des ravages dans les Amoureuses, réduisant considérablement les volumes : à peine 5 pièces, soit 1500 bouteilles.
Le nez est immédiatement intense et aérien. La bouche exprime une très grande délicatesse, une légèreté idéale, évoque le taffetas. Une merveilleuse empreinte racée, soyeuse, donne à ce vin exemplaire une complexité exceptionnelle, et une rare dynamique : on croit capter une sensation et on passe déjà sur une autre. Grande qualité vibratoire, émotionnelle, fugace, à la limite de la fragilité, qui n’en finit pas de disparaître’.magique.

Musigny 2004 *****/* (18)
La malolactique vient de commencer. Grande ampleur, style majestueux, d’une grande continuité. Il faut être attentif, un certain recueillement s’impose car la beauté mérite de l’attention. Par définition la dégustation du Musigny est une expérience rare. C’est un vin serré, dense et plein, très impénétrable et riche. La longueur est phénoménale, le vin impose sa majesté mais ne livre rien à ce stade.

Nuits-Saint-Georges \”Clos des Fourches\” 2004 ****/* (15,5)
Lots du Clos de Maréchale déclassé en Nuits-Saint-Georges village. Très beau fruit, vin ample, large, assez carré, superbe fruit net, style plein, déjà élégant. Très belle qualité pour un village…

Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos de la Maréchale 2004 ****/* (16,25)
Fermentation malolactique en court. Robe très sombre. Nez ferme, intense et épicé. Attaque franche et directe, longue détente ensuite : la bouche est puissante, robuste et profonde, avec une acidité élevée et beaucoup de matière. Beaucoup de chair, de moelleux, finesse sous-jacente. La qualité des tanins est remarquable, la finale intense et très longue. La délicatesse arrive à l’aération. Grande finesse, grand vin en devenir.

Chambolle-Musigny 2003 ****/* (16)
Vin gourmand, rond, friand. Très beau fruit pur, chair mûre de petits fruits, sensation de pulpe d’une grande délicatesse d’expression.

Chambolle-Musigny 1er cru les Fuées 2003 ***** (16,5)
Très suave, superbe nez de fruits rouges, framboises et fraises. Très belle combinaison de fraîcheur et de maturité du fruit, texture soyeuse, vin suave et opulent, une véritable friandise.

Bonnes-Mares 2003 ***** (17)
Nez plus réservé, fruits noirs. Bouche onctueuse, profonde et dense, chair épicée, style plus vif bien que charnu et délié, texture délicate, notes de fruits frais écrasés. Vin très suave qui finit assez ferme. Grand naturel d’expression.

Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 2003 *****/* (18,25)
Merveilleux nez sur la fraise de bois, la pulpe de fruit, les épices douces. Exceptionnelle finesse, bouche tout en suavité et pureté. Long, très soyeux, incroyable délicatesse , allonge et épure. Un vin magique. A leur meilleur niveau, les Amoureuses de Mugnier et de Roumier sont certainement parmi les vins les plus émouvants de la Côte de Nuits.

Musigny 2003 *****/* (18)
Supplément de raffinement et de race au nez, bouche ample, structurée, profonde, avec toujours cette transparence racée, cette fraîcheur épurée qui allonge le vin et le cisèle; tanins extrêmement fins, finale éthérée. Parti pour 30 à 40 ans de vie au moins.

Chambolle-Musigny 1er cru Fuées 2002 ***** (17)
Notes de cerise noire, assise solide enrobée d’une chair délicate et épicée, fraîcheur, nervosité, vin intense, complexe, profond, long et elancé, très pur. Magnifique.

Le 10 juin 2005, après une journée entière passée au domaine, JF nous invite dans le salon de la maison, baigné de soleil, pour une dégustation inoubliable. Il descend en cave et remonte trois flacons, de trois époques différentes. Nous les dégustons successivement, en poursuivant notre conversation”

Chambolle-Musigny 2000 **** (15)
Vin tendre, frais, joyeux, charmeur, gaillard, naturel et léger. Délicieux à boire aujourd’hui sur le fruit.

Musigny vieilles vignes 1986 *****/* (18)
En 1986, pour sa seconde vinification, JF a vinifié deux cuvées de Musigny, en isolant la parcelle de vieilles vignes du Musigny. La robe est assez évoluée, brunissement marqué mais rubis intense au centre. Le premier nez évoque les feuilles mortes, la vieille grange et des notes de champignons, puis s’épure et retrouve de la fraîcheur. En bouche, une texture somptueuse assez serrée au départ, avec une chair ample, épurée, vieux velours, et une fruit suave et riche. Ce magnifique vin fait son âge mais amène l’émotion, la race du terroir parle. Une heure plus tard, le vin a incroyablement rajeuni, se montre très intense et soyeux. Pour JF, reste un peu plus évolué que d’autres bouteilles de ce vin bues récemment.

Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 1945 ****** (19,75+)
La bouteille n’a plus d’étiquette, le niveau est très correct. La robe est diaphane, très dégradée, alterne les reflets cuivrés, tuilés et grenat. Le premier nez évoque le thé fumé, des notes complexes (végétales, fleurs séchées, épices) mûries lentement dans la fraîcheur. A l’aération, le nez se rafraîchit considérablement, sur des notes de menthe, de cacao, presque iodées, dans une diversité et une complexité aromatique difficile à traduire. En bouche, la longueur est émouvante, la finesse inouïe, reprend à l’aération du tonus et un caractère vif, agile, fugace. Grande harmonie, unité, pas la moindre oxydation n’est perceptible. Le grain est encore plus serré que dans le Musigny 1986 ! Ce vin inoubliable rajeunit merveilleusement sur plus de deux heures, tout en transparence, légèreté et délicatesse. Puis il se retire doucement, sur la pointe des pieds, laissant intacte l’émotion de son empreinte. Une telle poésie se dégage de cet enchantement de sens qu’on a pu croire, l’espace d’une dégustation, prendre la mesure exacte de l’écoulement du temps qui passe.

En résumé : Frédéric Mugnier ne cherche pas à imprimer sa marque où sa signature aux vins. Le style recherché privilégie l’élégance naturelle, la fraîcheur et la finesse, avec une souci presque esthétique d’épure, un dépouillement pour aller à l’essentiel. Ce ne sont certainement pas des vins d’esbroufe, des vins démonstratifs et formatés mais bien de grands vins ciselés, vivants, tout en nuances, à même d’exprimer le plus justement possible les grands terroirs dont ils proviennent. Il représentent à mes yeux un des sommets absolus des vins rouges de la Côte de Nuits, au même titre que ceux de Leroy, Roumier, Rousseau ou du domaine de la Romanée-Conti.

Au domaine, seuls 25% de bois neuf sont utilisés. Tout est ici exemplaire depuis 1997 , les vins ne cessent de gagner depuis 2000 en finesse et en élégance naturelle. Les 2004 sont dans la lignée des 2001, réussite magistrale. Les 2003 ont conservé une délicatesse de texture et une finesse aromatique très rare pour le millésime.

Domaine Gouges, Nuits-Saint-Georges

Mardi 10 mars 2009

Mars 2005

Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos des Porrets 2003 ****/* (15,5)
Vin très noir, coloré, nez épicé, fumé, fruits noirs, opulent mais pur et net. La bouche est dense, les tanins pleins, l’ensemble très riche, séveux, massif. Finale robuste, beaucoup de mâche, Bon équilibre. Vin parti pour 30 ans de garde au moins.

Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos des Porrets 2002 ****/* (16)
Robe violacée foncée, nez robuste, terrien, épicé, poivre. La minéralité transparaît, la bouche est ample, séveuse, élégante, pleine, tannique, avec ne finale très pure, élégante, minérale, très nette, d’une grande droiture. Style classique, élégant, très belle expression du terroir.

Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos des Porrets 2001****/* (16)
Nez fermé, tendu. Bouche tout en subtilité, fraîcheur et minéralité, profil droit, élancé, vraie nervosité. Rafraîchissant, sérieux, très long. Grande sincérité d’expression. Grande garde prévisible.

En résumé
Domaine de 15ha, 4ème génération. 7 personnes à temps plein. Vendanges 2004 le 23 septembre, millésime 2003 mis en bouteille en février 2005. 10-20% de bois neuf maximum. La plus vieille bouteille conservée au domaine date de 1919. Grande sincérité, rigueur d’élaboration, refus de céder aux modes. Assez raides, austères dans leur jeunesse, les vins du domaine possèdent une étonnante longévité.

Domaine des Epeneaux (domaine du Comte Armand), Pommard

Mardi 10 mars 2009

Le Domaine des Epeneaux, également appelé domaine du Comte Armand (du nom de son propriétaire) , est un des plus prestigieux domaines de Bourgogne.

Histoire du Clos des Epeneaux
Les vignobles existent à Pommard depuis au moins le 3 ou 4ème siècle après JC. Au XIIIème siècle, l’abbaye de Maizières possède des vignes à Pommard au lieu-dit « Epenault ». Un vignoble appelé « Petit-Epenault » appartient ensuite aux ducs de Bourgognes. Lors de la Révolution de la fin du XVIIIème, la famille Marey-Monge profite de la vente des biens de l’aristocratie et de l’Eglise pour constituer un domaine impressionnant, incluant la plus grande partie de la Romanée-Saint-Vivant et l’intégralité des Epenots à Pommard. Indique par la sorte le prestige et la spécificité du lieu, Nicolas Marey fait élever au début du XIXème siècle un mur autour du Clos, qui est celui qui existe encore aujourd’hui. Il en profite pour vendre le reste du vignoble des Epenots. L’orthographe se transforme alors en Epeneaux, certainement en raison d’une source souterraine qui jaillit sous le vignoble. En 1826, Le Clos est transmis par Nicolas Marey à sa fille Clotilde dans la dot de son mariage avec Jean-François Armand.
Leur fils Ernest, ambassadeur au Vatican, aide le Pape à convaincre Napoléon III de l’urgence d’une aide pour défendre les Etats Pontificaux contre l’avancée des troupes de Garibaldi : il en est remercié par le titre de Comte. Au début du XXème siècle, toutes les vignes sont vendues, à l’exception du Clos, qui est toujours aujourd’hui propriété de l’actuel Comte Armand, avocat parisien. Le Clos n’a donc jamais été vendu, témoignage de son importance aux yeux d’une famille aisée qui n’a pas hésité à se séparer de nombreux autres vignobles. En 1985, le Comte Armand bouscule les m’urs bourguignonnes en recrutant un jeune canadien, Pascal Marchand, 22 ans à l’époque, au poste de régisseur. Très vite, la qualité des vins change, gagnant en concentration et en complexité, et hissant le Clos des Epeneaux au sommet de son appellation. Pascal démarre la lutte biologique à partir de 1992, et pratique quelques essais de préparations biodynamiques à partir de 1996. En 1999, Benjamin Leroux prend sa suite.

Le Vignoble du Clos des Epeneaux
Le Clos des Epeneaux est situé à cheval sur les Grands et les Petits Epenots. Sur ses 5 hectares, 4,5 sont situés dans les Petits Epenots. Les vignes ont de 18 à 75 ans d’âge, avec une densité de plantation relativement élevée, soit 12 000 pieds à l’hectare. Benjamin Leroux insiste sur le fait que le patrimoine génétique des vignes y est exceptionnel, car la sélection massale des vieilles vignes a été très intelligemment mené.
Le Clos possède une pente douce et très bien drainée : la partie haute se situe presque directement sur la roche-mère, avec seulement 20 à 30cm de terre. Les vins provenant de la partie supérieure présentent la plus grande tension minérale, et une grande longueur. La partie inférieure du Clos se trouve sur un sol mixte et fragmenté, avec une roche fissurée qui affleure à 60-80cm de profondeur. Les vins qui en sont issus sont plus opulents, avec un profil aromatique plus varié, mais moins de longueur et d’intensité. Issu d’un fond marin et relativement jeune géologiquement, ce socle rocheux est unique à Pommard, et les vignes qui poussent à sa surface ont besoin d’au moins 25 ans pour exprimer leur terroir, alors que dans une configuration plus classique sur sol fragmenté la vigne aura besoin de seulement 15 ans.
Le Clos est séparé en quatre parcelles, vinifiées séparément :
-les vignes de 18 à 25 ans
-les vignes de 35 à 40 ans
-les vignes de 45 à 55 ans
-les vignes de 60 à 75 ans

Le domaine possède également depuis 1994 des vignes dans d’autres appellations : Volnay village, Volnay 1er cru les Frémiets, Auxey-Duresses 1er cru rouge, Auxey-Duresses rouge et blanc, sont venus s’ajouter à la production exclusive du Clos des Epenaux.
Jusqu’en 1999, une vigne louée permettait également de proposer un peu de Meursault Meix-Chavaux.

La taille en échalas : une révolution à la vigne ?
Nous effectuons un tour dans les vignes avec Benjamin en juin 2005.
Son objectif actuel est d’augmenter les densités de plantations : passer de 12 000 à 20 000 pieds/ha suppose d’entreprendre une restructuration importante parcelle par parcelle.
Sur une très petite parcelle de Volnay villages, contiguë à celle du domaine Lafarge, Une expérimentation passionnante et pour l’instant unique en Bourgogne est en cours : la conduite de la vigne en échalas, comme pratiquée sur les coteaux du Nord de la Vallée du Rhône pour la syrah. Environ 150 pieds de vignes d’une dizaine d’années, et d’un niveau qualitatif assez moyen, s’épanouissent le long d’un trépied constitué de piliers de bois solidement ancrés en terre. L’idée est de favoriser ainsi un développement foliaire en hauteur, et non plus en largeur.

Remettre ainsi en question la taille Guyot, généralisée en Bourgogne depuis des générations, relève d’un choix mûrement calculé pour Benjamin Leroux :
Selon lui, la taille Guyot, qui est une taille longue sur une charpente courte, a en effet tendance à repousser la maturité des raisins, ce qui se comprenait il y a 30 ans mais n’offre plus aujourd’hui les mêmes avantages, alors que les changements climatiques en cours ont tendance à rendre plus précoces les dates de vendanges.
Ce choix de la taille en échalas, qui préserve un tronc plus long (à l’inverse de la Guyot, c’est une taille courte sur charpente longue) se comprend donc par la volonté de revenir à des tailles plus courtes afin de permettre un développement physiologique de la plante plus rapide et donc une maturité des raisins plus précoce. La taille en échalas permet de faire l’économie du rognage, et donc d’éviter l’apparition de raisins de seconde génération, ce qui permet à la vigne d’économiser de l’énergie.

Autre raison invoquée par Benjamin pour justifier cette expérience de l’échalas : l’observation permise par les pratiques de la biodynamie l’autorise à penser que les fils de fer métalliques (donc conducteurs d’électricité) utilisés dans les tailles classiques génèrent un courant d’alternance préjudiciable à la bonne santé de la vigne. En effet, l’électromagnétisme ainsi crée favoriserait les activités enzymatiques des champignons et donc l’apparition de maladies de la vigne (mildiou, pourritures’)

En 2004, l’expérience s’est avéré concluante, au vu des observations de Benjamin : pour la première fois en 10 ans, la parcelle conduite depuis peu en échalas a pu atteindre sa maturité phénolique et physiologique. Si une bonne maturité physiologique (observée par les taux de sucre et d’acidité) peut généralement être atteinte assez régulièrement, une maturité phénolique suffisante(celle des pépins et des peaux du raisin), plus importante pour Benjamin, est beaucoup plus difficile à obtenir.
Ce constat va certainement inciter le domaine à généraliser progressivement la taille en échalas dans les années à venir.

Choix d’élevage et de vinification

Il n’existe pas de distinctions majeures dans la façon dont les vins issus des différentes parcelles sont vinifiés, à l’exception des variations de maturité phénoliques qui requièrent des niveaux d’extraction adaptés et donc différents pourcentages de bois neuf au cours de l’élevage : une moyenne de 50%, avec 20% sur les jeunes vignes et 90% pour les plus vieilles.
D’après Benjamin, il n’y a pas de différences fondamentales entre ses méthodes de vinification et celles employées par son prédécesseur Pascal Marchand : il pratique juste des macérations post-fermentaires plus longues, et a approfondi l’emploi de la biodynamie avec l’attention portée durant l’élevage aux qualités vibratoires de l’eau qu’il emploie.
Depuis 1999, l’intégralité du Clos est cultivé en biodynamie.

L’élevage dure de 20 à 24 mois, l’assemblage final est issu des décisions prises progressivement par Benjamin lors des dégustations effectuées au cours de l’hiver. Un Pommard 1er cru provient des jeunes vignes du Clos, et le pourcentage de celles-ci intégré au vin du Clos des Epeneaux varie de 0 à 10%. Tout les vins sont mis en bouteilles par gravité sans collage ni filtration.
Benjamin Leroux, à la mi-juin 2005, n’a pas encore embouteillé son principal vin, le Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 2003. Il estime que la mise n’interviendra que vers la fin du mois de juillet. Alors que presque tous les domaines de la Côte d’Or ont déjà procédé à la mise en bouteille, parfois depuis au moins un an, Benjamin Leroux n’est pas pressé et attend tranquillement, insensible à la crainte de voir les vins d’un millésime aussi difficile et délicat à vinifier s’assécher et se durcir. En 2003, les rendements étaient de 25hl/ha sur les vieilles vignes. Il s’agit là de la moyenne habituelle, précise Benjamin Leroux. Le travail passionnant de Benjamin porte également sur l’assemblage des trois cuvée du Clos, élevées séparément, et dont l’assemblage diffère suivant le millésime. Il est donc fréquent qu’une barrique jugée indigne d’intégrer le 1er cru Clos des Epeneaux soit assemblée avec une cuvée de 1er cru générique, voire de village.
Une année très solaire comme 2003 permet d’éviter tout problème de réduction, donc aucun soutirage n’a été nécessaire. Ceci n’est pas un dogme : Benjamin a l’intelligence de s’adapter à chaque millésime, et de faire évoluer en fonction les méthodes employées.
Benjamin explique que des élevages longs offrent la possibilité d’obtenir une qualité de tanins supérieure. « Le principal reste de ne pas obtenir de tanins asséchants ». L’élevage permet la respiration du vin. Un observation empirique sur plusieurs années l’amène à penser qu’il est nécessaire d’effectuer la mise en période de hautes pressions atmosphériques. Après le soutirage et l’assemblage des différentes barriques qui composeront le vin, le vin restera 28 jours en cuve (« soit un cycle lunaire complet » ) avant l’embouteillage.

Un talent exceptionnel
Benjamin Leroux est régisseur depuis 1999. Né en 1975 dans une famille non-liée à la vigne, mais qui sait le sensibiliser à l’observation de la nature, il effectue ses études au lycée viticole de Beaune, puis à l’université de Dijon dont il sort avec un diplôme d’oenologue. A 14 ans, il effectue un premier stage au Clos des Epeneaux de 1990 à 1992, travaille pour le domaine Drouhin en Oregon en 1994 et 1995. Engagé en 1997 à Bordeaux au Château Cos d’Estournel, il ne s’y plait pas et part rapidement en Nouvelle-Zélande. De retour en Bourgogne, il travaille un peu chez Louis Jadot mais la grande taille de l’entreprise ne lui convient pas. Lorsque Pascal Marchand, le précédent régisseur, décide de partir en 1999, son choix pour lui succéder se porte sur Benjamin. Ce dernier devient donc le nouveau régisseur à l’âge de 22 ans, le même âge auquel Pascal Marchand avait lui-même pris le poste en 1985.
Outre son impressionnante expérience en viticulture et en ‘nologie, Benjamin possède une perception assez unique du vignoble, du vin, et de la terre en général. Pour lui, « le Clos des Epeneaux est un vignoble unique, avec une énergie tellement puissante, que je vibre à chaque fois que je franchi la grille »)
Charismatique, doué, impatient de pouvoir réaliser les plus grands vins (« la vie est courte, je n’ai que 40 vinifications à réaliser ») Benjamin respire déjà la sagesse, et semble posséder une compréhension intime et intuitive de l’infinie complexité bourguignonne. Son ouverture d’esprit et son assurance ne sont pas feintes : elle résultent de choix mûrement réfléchis, sa réflexion porte très loin (la clarté de son discours sur la biodynamie en fait l’un de ses plus sûrs ambassadeurs, à jeu égal avec Nicolas Joly, Anne-Claude Leflaive ou Jean-Michel Deiss). Malgré son jeune âge, il paraît aujourd’hui avoir acquis un bagage ‘même si il s’en défend- dont peu de vignerons peuvent se prévaloir. Pour témoin, ces histoires qui circulent, sur de vieux et ombrageux vignerons de Côtes de Beaune venus demander conseil à Benjamin en 2003, dépassés par les conditions jamais vues du millésime’.

Les vins : notes de dégustation
Pascal Marchand, sympathique québécois devenu une figure majeure de la scène bourguignonne, a vinifié au domaine de 1985 à 1999. Les vins sont résolument modernes, souvent extraits, généreusement boisés et concentrés, avec des tanins féroces, parfois jusqu’à la limite de ce qu’il est souhaitable de réaliser avec un cépage tel que le pinot. Certaines grandes réussites sont à mettre au crédit de Pascal Marchand, tels que les 1990, 1993, 1997.
Les vins vinifiés par Benjamin comptent à mon avis parmi les plus grands succès de la Bourgogne de l’ère moderne. De 1999 à 2003, une série ininterrompue de grands vins a été produite au Clos des Epeneaux. Les vins ont gagné en naturel aromatique, en pureté d’expression, en qualité et en finesse de tanins et en précision de texture. Les apports de la biodynamie sont flagrants : les vins ont gagné en énergie, en pureté d’expression, en précision aromatique.

Les notes qui suivent sont issues de dégustations effectuées régulièrement au domaine depuis 2 ans, ainsi que de dégustations privées et d’une dégustation verticale du Clos des Epeneaux effectuée à Paris en novembre 2003.

Auxey-Duresses 1er cru 2003 **** (14,5)
Robe violacée très foncée. Nez gourmand, épicé, fruits noirs. Bouche mûre, charnue, pleine, très belle définition, caractère épanoui, arômes de fruits noirs. Style gourmand, rond, plein, tanins abondants, très mûrs, qui épousent le fruit.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 2003 avant assemblage en juin 2005
Jeunes vignes du Clos ****/* (15,75)
Robe plus claire, très beau rubis violacé. Nez floral, épices douces. Bouche pleine, vive, très belle structure acide, vigoureuse, fruit très pur, minéral. Remarquable.
Vignes moyennes *****/* (18,5)
Robe plus foncée, nez réservé, minéral, tendu, très pur. Bouche très structurée, vigoureuse, saine, tanins abondants, musclés, très fins et polissés. Grande pureté, transparence du terroir. Seul un grand terroir cultivé en biodynamie peut exprimer ce genre de sensations, c’est l’année de la révélation grâce au travail de Benjamin Leroux. Extraordinaire pour le millésime.
Vieilles vignes du Clos ***** (17,5)
Nez très réservé, concentré, expression classique et burinée. La bouche présente une densité hors du commun, exprime toute la concentration des vieilles vignes, avec un profil très tannique, d’une grande profondeur, avec une texture très serrée. Longueur veloutée et mentholée. L’assemblage avec les deux précédents apportera un supplément de fond et de plénitude au vin.

Pommard 1er cru Clos de Epeneaux 2002 *****/* (18,5)
Avant assemblage, en novembre 2003, le vin des jeunes vignes est rond, floral, expressif. Celui des vignes moyennes est plus dense, épicé, équilibré, grain fin, bonne matière et suavité de texture. Le vin des vieilles vignes est puissant, très concentré, d’une grande vigueur de constitution. Dégusté en juin 2005, le vin est superbe d’équilibre, très parfumé et élégant, possède un grain velouté, un fruit pur et intense et une matière structurée par des tanins abondants, suaves et ronds. Grande persistance, beaucoup d’étoffe et d’allonge. Magnifique, parti pour une très longue vie mais déjà approchable.

Pommard 1er cru Clos de Epeneaux 2001 ***** (17)
Mise en bouteille en juin 2002. Vin stylé, nez expressif, très fin, net, pur et frais, bouche droite, stricte, un peu sèche, énergique, belle vivacité mais encore peu expressive aujourd’hui. Grand potentiel, garde impérative.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 2000 ****/* (15,5)
Robe assez claire, rubis foncé. Nez très net, belle fraîcheur et délicatesse, fruits rouges et baies. Très bel équilibre, bonne maturité, chair tendre et suave, beaucoup de souplesse, caractère précoce et charmeur, finesse, profondeur et race au rendez-vous. Expressif, concentré, séduisant, style franc et assez tendre, se goûte très bien dans sa jeunesse mais la finale est encore un peu serrée. Attendre 2007.

Pommard village 1999 ****/* (15,5)
Robe rubis sombre, encore violacée. Nez épicé, pivoine, mûr et assez expressif, jeunes vignes du clos. Elevage de 18 mois. Vin anguleux dans sa jeunesse, s’est arrondi, paraît assez épanoui, presque à point, avec une finale épicée et minérale. Vin délicieux, plein, tendre et séduisant.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1999 *****/* (18,25)
Nez superbe, marqué à l’ouverture par la réglisse et la fourrure, pur et net, vin puissant et profond, bouche serrée, fruit intense et velouté, épicé et plein, très complet, grand caractère terrien. Equilibre sur des tanins puissants et abondants, style brillant, concentration impressionnante. Seigneurial, très long, mérite bien 10 à 15 ans de cave. Grand vieillissement assuré.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1998 **** (14,75)
Robe plus claire. Nez assez réduit, évoque le gibier. Tanins un peu rugueux en avant, arômes de cuir et de boisé. Jolie expression burinée, beaucoup d’astringence en fin de bouche. Encore très serré, assez ingrat pour l’instant, tanins un peu asséchants. Devrait s’épanouir dans 3 à 4 ans.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1997 **** (15)
Robe assez sombre, mais pas très dense. Le nez est assez fermé, notes de cuir et de terre, un peu réduit, évolue à l’aération sur les épices, les champignons, avec une fraîcheur forestière. Bouche dense, douce, de la fraîcheur mais texture assez serrée, tanins fins mais marqués, bonne acidité, belle allonge et élégance en finale. Concentration, sève, matière et corpulence sont bien présentes, mais le vin est encore un peu réservé, se goûtera bientôt idéalement, dans un registre gourmand.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1996 ****/* (16)
Robe claire, nez d’une belle fraîcheur et pureté de fruit, bouche assez souple, précoce, beaucoup de matière mais en train de se fondre, grande pureté et intensité. Grand vin, expression suave et parfumée à l’aération. Beau potentiel de garde, grande acidité, « maturité froide » dixit Benjamin.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1995 **** (14,5 ?)
Dégusté en magnum. Belle robe claire, nez très fermé, un peu vernissé. Bouche dense, assez serrée et sèche, de la matière sur un fruit un peu sec et des tanins en relief. Beau volume, fruit mûr mais peu expressif. Encore austère, très jeune, a besoin de 3 à 5 ans de garde.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1994 **** (15)
Demie-bouteille. Robe légèrement tuilée mais très jeune cependant. Le nez est frais, fin et expressif, la bouche tendre en attaque mais équilibrée, de demi-corps, sur un fruit mûr, finale un peu abrupte. Net, pur, frais, savoureux. Belle réussite pour le millésime.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1993 *****/* (18)
Robe très trouble, opaque, noire (vin non-collé). Nez intense, cassis écrasé, épices. Support acide intense en bouche, beaucoup de mâche, expression pleine et puissante, vin très jeune, encore immature, commence tout juste à s’assouplir. En pleine forme, grande classe, grand vin en devenir. Patience !

Pommard 1er cru clos des Epenaux 1992 **** (14,75)
Magnum. Robe assez soutenue, nez fin et doux, un peu confituré, marqué par les fruits rouges. Le vin est souple, élégant, assez tendre, avec du fruit bien mûr et une vraie profondeur, un caractère assez plein sans être très concentré. L’ensemble est de très belle tenue, équilibré et sans défaut, avec de la fraîcheur en finale sur une note légèrement végétale, épanoui et charmeur, s’amincit un peu néanmoins.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1990 ***** (17,75)
Robe très sombre. Bouquet de camphre, beaucoup d’épices, griotte, fruits noirs, intense et très profond. Très complexe, la bouche se montre ample, atypique, très solaire, d’une incroyable maturité. Le fruit est serré mais suave, les tanins très fins et abondants. Empreinte tannique très méditerranéenne, évoque un peu un grand Bandol de par sa structure. Beaucoup de classe. Vin hors normes, semble encore immature. Haut en couleur, assez marquant et extraordinaire. Attendre encore, bien sûr’..

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 1988 **** (14)
Robe très foncée, reflets orangés. Bouquet giboyeux, très intense et puissant, bouche ample, fluide, un peu dissociée. Du fruit mais finale asséchante, vin à la fois évolué sur le plan aromatique et encore jeune par la vigueur de ses tanins. Pronostic d’évolution réservé.

Auxey-Duresses blanc 2002 **** (14)
Dégusté juste après la mise en bouteille, fin novembre 2003 : nez net, propre et frais, belle finesse en bouche, finale un peu durcie et amère. Minéralité perceptible. Bon vin. Issu de la parcelle « les Boutonnières ».

Meursault 2001 **** (14,25)
2 pièces produites seulement. Robe or fin. Nez frais et très net, miel léger, floral. Assez élancé en bouche, belle matière pleine, du gras, boisé présent mais qui va se fondre. Expressif, manque un peu de fond.

Meursault Meix-Chavaux 1998 **** (14,25)
Rob or jaune assez clair. Nez mûr, épanoui, rond, légères notes de coing. Pas très long mais bon équilibre.

Les vins : notes de dégustation en novembre 2005

Lors de cette visite, Benjamin Leroux est en pleine période de soutirage. Il s’interrompt pour nous faire déguster quelques vins :

Volnay 2004 **** (14,5)
Vin tout juste soutiré. Echantillon en fût. Texture moelleuse, structure assez pleine, une certaine tendresse. Durci par le soufre à ce stade.

Volnay 1er cru Fremiets 2004 ****/* (16)
Echantillon en fût. Grande délicatesse de texture, arômes de fruits mûrs frais, bouche tendre, épicée, beaucoup de finesse, ensemble remarquable. Massacré par la grêle, cette vigne de 0,4 ha n’a donné au finale que 2 pièces œ, au prix d’un tri harassant pour éliminer les baies abîmées. Très grande réussite.

Pommard 2004 **** (14,5)
Echantillon sur fûts neuf de 300 litres. Issu des jeunes vignes du clos et des vignes de plus de 50 ans touchées par la grêle. Pour la 1ère fois en 2004, le Clos des Epeneaux a été touché par la grêle. Très réduit au nez, notes de pain grillé. Bouche assez ferme, pureté de fruit. Assez rond et charnu, plus pur et plus long sur le fût d’un an.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 2004 ***** (16,75)
Echantillon sur fûts, assemblage « minute » de la cuvée « jeunes vignes » et de la cuvée de vignes plus âgées. Beaucoup de mâche, plein et robuste, vin charnu et mûr, profond, bois neuf très bien intégré. Très long. Se goûte encore assez difficilement.

Pommard 1er cru Clos des Epeneaux 2003 *****/* (18,75)
Mis en bouteille en août 2005 après 23 mois d’élevage. Nez suave, fruits en sirop, petits fruits noirs écrasés. Attaque opulente, texture ferme, assez serrée, du muscle, fruit juteux très généreux, pureté d’expression, tanins policés. Fraîcheur impressionnante pour le millésime. Equilibre magistral et persistance hors du commun. Volume et profondeur hors normes, un Bourgogne d’anthologie parti pour 30 ans de garde. La plus grande réussite du domaine depuis le 1990 ?

Auxey-Duresses blanc 2004 **** (14)
Vin en bouteille depuis une semaine. Frais, assez gourmand, fruit croquant, belle acidité sous-jacente. Franc et sain. Evoluera favorablement sur 2 à 4 ans.

En résumé : En pleine phase de soutirage, avec des phénomènes de réduction parfaitement normaux à cette période d’élevage, les vins se dégustaient assez difficilement ce jour-là. Le Pommard 1er cru Clos des Epeneaux du domaine est un grand vin, robuste, ample et profond, qui a besoin de beaucoup de temps pour se fondre. Les 1990 et 1993 sont encore très immatures aujourd’hui’.Il ne faut pas chercher ici en priorité la subtilité, la délicatesse du pinot en vin jeune. Le 2003 est incontestablement un très grand vin, l’un des plus beaux vins jeunes de la Côtes de Beaune dégusté ces dernières années. Les choix d’élevage de Benjamin Leroux (élevage très long, aucun soutirage) se sont assurément avérés payants dans ce millésime si particulier.

Château de Vosne-Romanée, Louis-Michel Liger-Belair

Mardi 10 mars 2009

Mars 2005

Dégustation sur fûts des 2004 avant fermentations malolactiques. Vins vendangés les 23-24 septembre.

Vosne-Romanée la Colombière **** (14,5)
Nez pointu, vin assez généreux, beau fruit tendre, style précoce.

Vosne-Romanée Clos du Château **** (15)
En milieu de fermentations malolactiques, donc robe assez pâle. De la finesse, fruit élégant, stylé, très typé Vosne.

Vosne-Romanée 1er cru Chaumes ***/* (13,5)
2 barriques. Vin assez musclé, termine dur, boisé pas encore intégré. A revoir.

Vosne-Romanée 1er cru les Reignots ****/* (16,5)
Robe extrêmement foncée, violacée. Beaucoup de finesse au nez, très élégant, raffiné. Belle alliance aromatique de notes florales et minérales propres au terroir. Vin très long, texture délicate, très racée, grande persistance. Personnalité hors normes.

La Romanée *****/* (18,5)
Vin très parfumé et subtil, grande finesse. Extrêmement raffiné, élancé et minéral, merveilleux équilibre et fruit soyeux. Très grande bouteille en devenir, longueur exceptionnelle.

Nous dégustons ensuite deux 2003 en bouteille :

Vosne-Romanée Clos du Château 2003 **** (14,75)
Robe foncée, un peu dégradée. Nez très fin, gourmand, pulpe de fruit frais. La bouche est ample et charnue, très mûre, bonne profondeur et richesse. Légère sensation de surmaturité en finale.

Vosne-Romanée 1er cru les Reignots 2003 ****/* (16,25)
Nez sur la cerise noire, notes très mûres, bouche séveuse, pleine et très riche, belle complexité, tanins très fins, longueur éthérée, minéralité qui transparaît. Ensemble suave, dense et sphérique, fruit délicat et soyeux. Vin un peu déroutant par son apparente fragilité, mais la force du terroir contrebalance la puissance du millésime et apporte un vrai équilibre, avec un fin au final ni trop mûr ni trop charnu. Tiendra bien, mais tellement délicieux maintenant’.

En résumé :
Louis-Michel se donne sans compter pour son petit domaine aux parcelles si prestigieuses, qui mérite indiscutablement d’être mieux connu des amateurs. Si il n’a pas évité tout les pièges du millésime 2003, la réussite est très honorable et 2004 signe le retour au grand classicisme bourguignon.

Domaine Emmanuel Rouget

Mardi 10 mars 2009

Avril 2005

Le premier contact avec Emmanuel Rouget est un peu déroutant : bourru, peu avenant, il vous gratifie d’un regard noir qui peut durer un peu trop longtemps avant de répondre à vos tentatives de conciliations. Lorsqu’il a compris que vous avez rendez-vous, et que n’êtes là ni pour lui vendre quelque chose, ni pour acheter du vin, ce dont il a visiblement horreur, il grogne un salut et vous emmène en cave avec son chien.
Emmanuel Rouget a, semble t’il, connu des moments un peu difficiles sur le plan personnel ces dernières années, qui sont juste derrière lui. Il s’est montré réticent à vendre ses vins des récoltes 2000 et 2001, et certains clients l’ont laissé tomber car ils ne comprenaient pas devoir ainsi attendre son bon vouloir. Mais Emmanuel Rouget semble ainsi fait : il suit son instinct, ses envies, et n’en fait visiblement qu’à sa tête. Et lorsqu’il est dans un bon jour, ce qui était en fait le cas ce jour-là, il est capable de ne plus se montrer aussi taiseux mais de livrer quelques confidences fort intéressantes sur ses vins. Dégustation des 2004 en fûts, après fermentations malolactiques. Le Vosne-Romanée 1er cru les Beaumonts n’est pas dégusté car en pleine malolactique, et il n’y en a qu’une pièce en 2004. 50% de bois neuf (François Frères et Taransaud, car Emmanuel Rouget trouve souvent François Frères trop fumé) est utilisé sur les villages, 100% sur les autres vins :

Nuits-Saint-Georges **** (14,25)
Robe claire, bonne fraîcheur, de la finesse, vin assez délicat.

Vosne-Romanée **** (14,75)
Issu de parcelles (1,2 ha) en limite de l’appellation Nuits-Saint-Georges. Vin structuré, belle vivacité, fruit rond, beaucoup de charme.

Echézeaux ****/* (16,25)
11 barriques. Issu d’un assemblage de deux parcelles très bien situées, une en Cruots (près des Suchots) et une aux Treux. Très beau nez complexe, fin et épicé. Le boisé épaule clairement le vin, lui apporte du volume. Vin ample, riche, très stylé.

Vosne-Romanée 1er cru Cros Parentoux ***** (17,25)
2 barriques seulement en 2004 (une de chaque origine de tonnellerie) au lieu des 6 ou 7 habituellement, la parcelle ayant été grêlée.
Robe lumineuse, très rubis. Nez un peu réduit après la fermentation malolactique. Bouche superbe, éclatante, fruit gourmand, grande minéralité aisément perceptible. Très long, évolutif, déjà somptueux, même si la complexité ne viendra qu’au vieillissement.

Nous dégustons ensuite un 2003 en bouteille :

Echézeaux ***** (17,75)
Vendangé le 3 septembre. Superbe robe pourpre, nez magnifique, grande fraîcheur. Chair épicée en bouche, vin très gourmand et profond, beaucoup de volume, très beaux tanins encore marqués. Vin superbe, opulent, stylé, matière mûre mais fraîcheur idéale, magnifique concentration et longueur. Très beau vin de grand équilibre, bâti pour une longue garde. Réussite majeure du millésime.

En résumé : le style des vins privilégie ici la gourmandise, l’expression naturelle du fruit dans la fraîcheur de sa jeunesse, pour la conserver le plus longtemps possible. Emmanuel Rouget est très sensible à l’oxydation à la vendange, et élève ses vins avec le moins possible de soutirages. Ce style charnu, immédiatement fruité donne parfois l’impression que la complexité aromatique passe au second plan et que le caractère précoce impose une consommation dans les premières années, mais il semblerait au contraire que les vins vieillissent étonnamment bien ‘avec de redoutables phases de fermeture-, en acquérant une subtilité particulière sur les 1ers et Grands Crus. L’Echézeaux et l’exceptionnel Cros Parentoux sont ici les deux fleurons de la cave.




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