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Archive pour la catégorie ‘AFRIQUE DU SUD’

L’Avenir (Stellenbosch) , ici, le futur est français

Lundi 16 mars 2009

Région : Stellenbosch
Superficie : 70 hectares, dont 52 de vignes

Niché au pied de la montagne du Simonsberg, L’avenir est situé à 5 km au nord de Stellenbosch. D’après les normes sud-africains, il s’agit d’une petite exploitation viticole, quand les fermes de 4000 ha avec 200 ha de vignobles sont monnaie courante.
Ici, pas de terrain de polo ou de luxe tapageur : la vigne, les bâtiments d’exploitation, et une guesthouse intime, de style un peu seventies, avec juste 9 chambres confortables, disposées autour d’une piscine.
A l’image de presque tous les domaines, la propriété est d’un seul tenant, avec les vignes situées sur différentes expositions, permettant de cultiver une dizaine de cépages différents.

L’Avenir, comme bon nombre de wineries, a été constitué et conçu en 1992, à l’époque où la fin de l’apartheid a permis à l’Afrique du Sud de s’ouvrir sur le monde et d’envisager à juste titre un futur prometteur.
Malade depuis quelques années, l’ancien propriétaire, Marc Wiehe, a décidé de vendre en 2005. Son associé, le winemaker sud-africain François Naudé, descendant de Huguenots (les français émigrés au Cap au XVIIème et XVIIIème siècle, fuyant les persécutions religieuses), s’est résolu à contre-c’ur à prendre sa retraite. Il aurait bien repris la gestion du domaine à son compte, mais les investissements nécessaires pour moderniser la propriété sont lourds.

Le nouveau propriétaire est français, il s’appelle Michel Laroche. En octobre 2005, la nouvelle de son acquisition de 51% des parts était rendue publique.
A son instigation, un jeune winemaker sud-africain, Tinus Els (photo ci-dessous), est arrivé en septembre 2005.

Avant de rejoindre L’Avenir, Tinus Els était « flying-winemaker » ; diplômé d”nologie et de viticulture en Afrique du Sud, il a voyagé à partir de 1999 pour vinifier un peu partout pour le compte de divers employeurs, en France (Bordeaux, Minervois), en Espagne, en Amérique du Sud. C’est au Chili, début 2005, qu’il rencontre Julian Grapp, le winemaker local de Viña Punto Alto, propriété de Michel Laroche. Tinus entre alors en contact avec le français, qui lui offre l’opportunité de retourner en Afrique du Sud pour y mener ses premières vinifications. Il accepte aussitôt avec enthousiasme.

Que va faire Laroche à L’Avenir ? Dans un premier temps, imposer son identité marketing : rajeunir les étiquettes, apposer son nouveau logo sur des vins vinifiés par l’ancienne équipe mais dont la qualité sera validée par la nouvelle, et intégrer ces vins dans la gamme de plus en plus large de son petit empire. Des bouteilles plus lourdes en verre foncé ont été retenues pour les meilleures cuvées, et des capsules à vis sont prévues pour les vins d’entrée de gamme, particulièrement les blancs car les consommateurs y sont plus tolérants.

Mais L’Avenir a également grand besoin d’ investissements dans son outil de production, prévus à partir de septembre 2006.
Tout les bâtiments et installations techniques datent de 1992, et si les standards d’il y a une quinzaine d’années permettent toujours d’effectuer un travail correct, aucune innovation n’a été apportée depuis : les achats d’une table de tri pour réceptionner la vendange, d’une ligne d’embouteillage, et la construction bâtiment climatisé pour le stockage des bouteilles avant commercialisation sont ainsi planifiés prochainement.

Le vignoble doit également faire l’objet d’investissements importants : Une irrigation moderne, c’est-à-dire au goutte-à-goutte, est indispensable. Le coût est considérable : imaginez l’installation de canalisations et de tuyaux au pied de chaque rang de vignes sur plus de 50 hectares’aujourd’hui, l’irrigation en place est dite « additionnelle » : une fois par jour, en période de chaleur, des ouvriers branchent des jets d’eaux tout les 6 ou 8 rangs de vignes, et arrosent les vignes en pleine chaleur’.autant dire que le traitement fait parfois plus de mal que de bien ! Pour résumer, une irrigation au goutte-à-goutte devrait permettre plus de volume (contrôlable grâce aux vendanges vertes), mais surtout une meilleure acidité des raisins, plus d’équilibre et de maturité des tanins.

Autre souci, le mauvaise état du matériel végétal. La gestion des vignobles laisse à désirer, et plusieurs parcelles sont atteintes de maladies. Certains cépages affectés de virus du leafroll, comme les cabernet franc, devront bientôt être arrachés. Clones de piètre qualité ou virus endémiques, une réponse à ces problèmes devra rapidement être trouvée.

Tout juste arrivé, Tinus Els a juste eu le temps de comprendre, d’observer, de faire ses premiers choix de management et de viticulture (éclaircissage, vendanges en vert) Il s’est attaqué avec entrain à la vendange le 13 janvier 2006, prévue sur 6 semaines, en raison des décalages de maturité des différents cépages. Avec une main d”uvre abondante et bon-marché, vendanger à la main n’est pas un problème. Par sécurité et pour plus de flexibilité, la moitié des raisins sont toujours récoltés à la machine.

L’Avenir ne manque pas d’atouts : d’après Tinus Els, « Michel Laroche est conscient des efforts nécessaires mais le jeu en vaut la chandelle. Il mettra en avant les meilleurs vins du domaine, les chenin blanc et pinotage, qui ont toujours fait la réputation de l’Avenir. Pour ces cépages, on peut raisonnablement parler de terroir à la propriété. Nous irons dans le sens d’un style plus fruité, moins boisé, en phase avec les attentes du consommateur ».

L’Avenir est une winery traditionnelle qui se modernise et regarde vers l’Europe. Depuis la France, on aurait volontiers imaginé Laroche miser en Afrique du Sud sur un chardonnay au boisé luxueux, mais il semblerait que les stéréotypes aient fait long feu.

Selon Tinus Els, « le rachat par Michel Laroche va permettre à l’Avenir de gagner en visibilité commerçiale, ce qui est très important ». 70% des vins étaient auparavant déjà commercialisés à l’export, nulle doute que cette présence va se renforcer.

Vins dégustés : (Ces vins sont ceux proposés en février 2006 au domaine. Tous les vins sont fermentés avec des levures exogènes, les rouges subissent 3 ou 4 soutirages et une légère filtration avant la mise) :
-Sauvignon blanc 2005 *** (12)
Un peu d’acide malique ajouté avant la mise en bouteille. Nez assez fin, le côté variétal n’est pas trop marqué. Assez court et simple.
-Chenin 2005 **** (14)
15% de fût de chêne utilisé. Nez discret, bouche au fruit expressif, abondant, bonne concentration et équilibre d’ensemble.
-Chardonnay 2004 ***/* (13)
Vin élevé en fûts de chêne, dont 20% neuf. Caractère tropical, style très mûr, assez lourd. Boisé marqué en finale.
-Stellenbosch classic 2004 **** (14,25)
Assemblage de cabernet-sauvignon (69%), Merlot (11%), cabernet franc (11%) et pinotage (9%), élevé 14 mois en barriques. Nez assez frais, petits fruits rouges. Bouche assez suave, fruit rond et mûr, bonne matière, tannins doux un peu secs en finale. L’équivalent sud-africain d’un Bordeaux de bonne facture, avec la personnalité du pinotage en plus.
-Cabernet-Sauvignon 2003 ***/* (13)
Elevage de 14 mois en fûts de chêne, dont 70% de neufs. Nez marqué par le chocolat, bouche juteuse, fruit savoureux, tanins secs, un peu verts. Tannique, assez serré. Manque un peu d’équilibre et de finesse.
-Pinotage 2004 **** (14,5)
Elevage de 12 mois en fûts de chêne, dont 50% de neufs. Beau nez intense de fruits rouges et noirs mûrs et épicés. De la fraîcheur, texture assez raffinée en bouche, bon équilibre, tannins doux et fins. Bon vin assez élégant, long.
-Grand Vin Pinotage 2004 ****/* (15,5)
Elevage de 14 mois en fûts de chêne neufs. 5000 bouteilles seulement. L’étiquette annonce « Old Bushvines » (vieux pieds de vigne en buisson, c’est-à-dire non palissés) ; Les vignes n’ont que 15 ans, ce qui passe pour âgé en Afrique du Sud, compte tenu de leurs durées de vie très courtes. Nez intense, réglisse, fruits noirs, notes un peu florales. Bouche pleine de sève, concentrée, profonde et dense, tanins abondants. Bois neuf très bien intégré. Belle longueur. Grande personnalité, très original.

En résumé : Indiscutablement, les deux pinotage sont ici les meilleurs vins. Avec celui de Grangehurst, ce sont d’ailleurs les meilleurs exemples de ce cépage qu’il m’ait été donné de déguster. Le reste de la gamme est beaucoup plus banal, et offre peu d’intérêt. Les changements annoncés devraient permettre d’obtenir une meilleure qualité de raisin, tant à la vigne qu’en cuverie.

Meerlust /The Foundry (Stellenbosch) , de bons vins autrefois, de grands vins à venir

Lundi 16 mars 2009

Région : Stellenbosch
Superficie : 400 hectares , dont 110 de vignes

Meerlust est situé à 15 km au sud-ouest de Stellenbosch en direction du Cap. Classés monument historique, les bâtiments de la ferme, fondée en 1693, accueillent toujours la famille Myburgh, propriétaires depuis la 8ème génération (1756), ce qui est exceptionnel. Le vignoble couvre 110 hectares, principalement sur une très beau coteau exposé au sud dont les sols offrent une excellente résistance à la sécheresse. Cet emplacement bénéficie de la fraîcheur des brises de l’océan, distant de moins de 5 km.

Meerlust est une propriété très respectée à Stellenbosch. Le vin d’assemblage du domaine, Rubicon, est considéré comme un trésor national et sans doute l’un des plus grandes cuvées du pays.

Qu’est ce que le Rubicon ? En vacances en France au début des années 70, Nico Myburgh, le père du propriétaire actuel, découvre que le terroir bordelais est assez similaire à celui existant à Meerlust : proximité de la mer, climat distinct, sols d’argiles et de granit décomposé. A son retour, il se met à imaginer un assemblage de type bordelais qui exprimerait les caractéristiques de Meerlust plus justement que les vins monocépages, alors la norme dans le pays. En 1980, après plusieurs années d’expérimentations, le premier millésime du nouveau vin est crée, assemblage de cabernet-sauvignon (70%), de merlot (20%) et de cabernet franc (10%) dans des proportions amenées ensuite à varier de plus ou moins 5% suivant les années.
Un nouveau style de vin voit le jour en Afrique du Sud, copieusement imité depuis. Conscient d’avoir franchi une frontière et modifié la perception du vin rouge en Afrique du Sud, Nico Myburgh nomme ce vin « Rubicon », d’après le fleuve franchi par Jules César avant d’entrer à Rome avec ses armées en 49 avant JC.
Jusqu’en 2003, les vins étaient vinifiés par un italien, Giorgio Dalla Cia, personnage truculent et haut en couleur du paysage local qui officiait à Meerlust depuis 25 ans. Depuis janvier 2004, Chris Williams, 35 ans, assistant depuis 1999 au domaine, a repris les rênes et est devenu le nouveau « cellarmaster » (maître de chai).

Humble et réfléchi, Chris Williams (photo ci-dessus) explique simplement le défi qu’il relève : « A Meerlust, nous nous efforçons de découvrir, d’accentuer et de capturer la vraie personnalité de nos vignobles dans nos vins. Nous sommes persuadés que cela passe par une meilleure adaptation des cépages aux types de sols, par une viticulture attentive, des rendements maîtrisés, un âge plus élevé de nos vignes, une sélection des raisins et une vendange à bonne maturité. En cuverie, nous recherchons surtout à réduire nos interventions, à employer des méthodes traditionnelles, à valoriser l’assemblage et à respecter le temps nécessaire à l’épanouissement du vin ».
La production annuelle est d’environ 25 000 caisses, soit 300 000 bouteilles. 50% des vins sont exportés, principalement en Grande-Bretagne, aux USA, dans les pays scandinaves. Le prix des vins à la propriété varie de 100 à 230 rand ( 16 à 38 ‘).

Sous le nom de « The Foundry », Chris Williams a débuté en 2001 une petite activité de négoce, qui commercialise quelques 15 000 bouteilles. Les raisins sont achetés à des vignerons dont Chris suit le travail. Il s’occupe ensuite de tout, de la vinification à la mise en bouteille. L’idée est de travailler avec des cépages qui ne sont pas présents à Meerlust, mais aussi d’essayer progressivement d’identifier des terroirs, en sélectionnant des vignobles marqués par leur emplacement (coteaux, qualité particulière du sol, etc’). La philosophie est non-interventionniste, les fermentations avec des levures indigènes, et des macérations longues. Chris considère que la syrah a un énorme potentiel en Afrique du Sud : « mais on commet beaucoup d’erreurs en cherchant les extractions, la matière et la concentration : la syrah doit être traitée comme le pinot noir, tout en finesse. Alors, nous pourrons rivaliser avec les vins du Rhône ».

Vins dégustés :
-Chardonnay Meerlust 2003 ***/* (13,25)
Fermentation et malolactique en barrique, élevage de 12 mois en fûts de chêne français neuf à 60%. Rendements de l’ordre de 40hl/ha. Nez marqué par des notes de noisettes grillées, et des arômes beurrés, crémeux, assez riches. Bouche grasse, du volume, manque de fraîcheur. Finale un peu épicée. Style opulent, assez démonstratif, pointe oxydative sans doute non désirée. Elevage trop poussé et long.
-Pinot Noir 2001 Meerlust ***/* (13)
Raisins non égrappés. Elevage de 18 mois en fûts de chêne français neufs de l’Allier (toasté appuyé, grain serré). 3 ans de maturation en bouteille avant commercialisation.
Très belle robe sombre. Le nez exprime du cuir, des notes viandées, un peu musquées, et d’autres plus tertiaires de l’humus et des épices. La bouche est assez moelleuse, la texture ferme et dense, les tanins sont assez marqués avec une certaine verdeur marquée en finale (goût de rafle, toasté prononcé). L’ensemble manque de fraîcheur, paraît un peu évolué. 14% d’alcool.
-Pinot Noir 2004 Meerlust ****/* (15,75)
Vinification réalisée par Chris Williams. Quelques évolutions : Raisins égrappés. Elevage de 15 mois en fûts de chêne français neufs de l’Allier (toasté moyen, grain serré). Sera commercialisé dans le courant de l’année 2006, soit après seulement 2 ans de vieillissement. Parcelle de pinot noir plantée sur un sol de granite décomposé avec de l’argile. Robe sombre, Nez intense et frais, petits fruits, note florale, assez élégant et fin. En bouche, le fruit est éclatant et pur, la texture soyeuse, élancée, le style est généreux et a considérablement gagné en naturel d’expression et en finesse. Vin complet, excellent. Potentiel de garde de 6 à 8 ans. 13,8% d’alcool.
-Red 2002 Meerlust **** (14,5)
Les millésimes non-retenus pour la production du Rubicon donnent naissance à ce vin. L’assemblage se compose de cabernet-sauvignon (70%) et de merlot (30%). Fermentation séparée et malo en fûts de chêne français neufs, élevage pendant 12 mois.
Robe moyennement foncée, nez assez épicé, cassis, pointe minérale. Beau fruit pur en bouche, vin profond, ferme, acidité assez marquée qui apporte de la fraîcheur. Tanins fins, de la longueur. Très joli vin à boire sur le fruit et la fraîcheur.
-Merlot 2001 Meerlust **** (15)
Fermentation et malolactique en cuves de béton. Elevage de 18 mois en fûts de 300 litres de chêne français neufs de la forêt de Nevers. Vieillissement de 2 ans en bouteille avant commercialisation.
Robe très intense et profonde. Superbe nez expressif et complexe, prunes, fruits noirs, myrtilles, épices, clou de girofle. La bouche présente beaucoup de richesse et de générosité, un caractère très plein et charnu, très opulent, mais séduisant. L’élevage est très peu perceptible, parfaitement intégré. Ce vin appelle une viande grillée, on l’imagine à table. Finale assez longue, beau potentiel d’évolution sur 10 ans. Vin généreux dont l’équilibre n’a pas totalement sû éviter la surmaturité, mais qui trouvera d’ardents défenseurs.
-Rubicon 2001 Meerlust ***** (16,5)
Fermentation séparée des différents cépages en cuves acier pendant 10 jours. Assemblage après fermentation malolactique dans une proportion de 70% de cabernet-sauvignon, 15% de merlot et 15% de cabernet franc. Elevage pendant 18 mois en fûts de chêne français de l’Allier, neufs à 80% et 20% d’un vin. Vieillissement de 2 ans en bouteille avant commercialisation.
Robe sombre, très noire. Nez très expressif et intense, cassis, réglisse, cerises noires, pointe de terre et de cigare. La bouche possède un caractère riche et très profond, une acidité importante, beaucoup de muscle et de concentration enveloppée dans un fruit mûr et ferme, une élégance naturelle évidente et une superbe qualité de tannins. Encore sur la réserve, très long, capable d’évoluer avec bonheur sur 15 ans. Si la structure est indéniablement bordelaise, la richesse aromatique, l’acidité et le fruit musclé évoquent l’Italie. Excellent vin, personnalité affirmée.

-Viognier 2005 The Foundry **** (14,75)
Issus de raisins achetés dans la région de Wellington. Elevage pendant 5 mois en barriques d’un ou deux vins. 20% des barriques ont effectuées leur fermentation malolactique. Mise en bouteille avec capsule à vis Stelvin.
Grande finesse aromatique, caractère floral et frais. Bouche ample et suave, fruit pur et frais, style moderne, assez ambitieux, très réussi. 5 gr de sucre résiduel apportent de la douceur et une finale un peu tendre.
-Syrah 2003 The Foundry ****/* (15,75)
Elevage de 17 mois en barriques, dont seulement 10% de neuves. Très beau nez fin, floral et pur, d’une grande fraîcheur et élégance, évoque les meilleurs vins du Rhône septentrional. Bouche à la texture très suave et raffinée, subtilement oxygénée (un peu de micro-oxygénation utilisée). Tannins très soyeux, élégants et délicats. Très séduisant, style naturel et privilégiant la finesse. Les vignes sont très jeunes, le vin gagnera à l’avenir en longueur et en fermeté en milieu de bouche. Très prometteur. Le 2004 à venir contient un petit peu de viognier.

En résumé : de beaux vins sont nés à Meerlust. Cependant, à mon avis les vins produits avant 2004 sont surestimés, vinifiés dans un style traditionnel avec des élevages trop longs, un début d’oxydation du fruit. Le changement de maître de cave est du meilleur augure : Le pinot Noir 2004 est extrêmement prometteur, et reste le meilleur pinot noir sud-africain dégusté avec celui de Hamilton Russell. Le merlot à un potentiel considérable si on évite la surmaturité. Rubicon est un vrai grand vin, entier, profond et riche de multiples facettes. Intuitif, humble, passionné, rigoureux, Chris Williams possède toutes les qualités, trop rares, des vignerons les plus talentueux. Nul doute qu’il saura faire évoluer les vins de Meerlust vers de nouveaux sommets (fruit plus éclatant, élevages plus courts et plus judicieux pour gagner en fraîcheur et en finesse, naturel d’expression encore accru), comme le montre déjà l’évolution du pinot noir’.
Et ses vins (The Foundry) montrent la voie à suivre pour les vignerons ambitieux désireux de s’essayer à de nouveaux cépages.

Boeckenhoutskloof (Franschhoek) , la syrah dont on parle

Lundi 16 mars 2009

Région : Franschhoek
Production : 1,5 millions de bouteilles en 2005

Marc Kent a crée en 1993 ce domaine (dont le nom est celui d’une espèce d’arbre, très prisé par les artisans locaux pour la réalisation de chaises au XVIIIème, qui figurent sur l’étiquette), merveilleusement situé tout au fond de la vallée de Franschhoek, dans un impressionnant cadre sauvage, entouré de montagnes. La ferme d’origine date de 1776.
Si seulement 6000 bouteilles sont produites la première année, 1,5 millions de bouteilles ont été commercialisées l’année dernière : l’immense majorité des vins provient donc de raisins achetés. Cabernet, syrah et sémillon sont les cépages mis en avant ici.
Comme souvent, plusieurs gammes de vins existent : « Boeckenhoutskloof » pour le haut de gamme (syrah, cabernet-sauvignon, sémillon), « Porcupine Ridge » pour les vins principalement issus du négoce. Cette dernière gamme est embouteillée en capsules à vis Stelvin.
La philosophie est plutôt non-interventionniste pour le haut de gamme : les moûts ne sont pas acidifiés, et seules des levures naturelles sont employées pour les vins du domaine. Les rendements moyens sont faibles pour la syrah, de l’ordre de 40 à 50 hl/ha.

Marc Kent (photo ci-dessus) a le contact assez direct, voire un peu abrupt. C’est un homme pressé, qui ne s’embarrasse pas des convenances. Il avoue avoir peu de considération pour l’idée de terroir, ne pas être porté sur les questions techniques, et préférer s’occuper de marketing et définir la ligne générale des vins. De toute évidence, il sait s’entourer, se faire écouter, et communiquer. S’il ne présente pas ses vins aux concours et dégustations professionnelles, les échantillons arrivent pourtant au bon endroit : La journaliste anglaise Jancis Robinson a écrit il y a peu qu’elle considérait la Syrah de Boeckenhoutskloof comme une des meilleures du monde.
Aujourd’hui, 60% des vins sont vendus à l’exportation, et le succès commercial est impressionnant, notamment auprès des anglo-saxons.

Vins dégustés :
-Syrah Porcupine Ridge 2005 **** (15)
Vin élevé pour 2/3 en fûts de chêne français âgés. Une levure sélectionnée est inoculée. 360 000 bouteilles par an sont produites.
Très beau nez, notes fumées et fruits noirs, belle fraîcheur en bouche, matière mûre, très nette, un peu oxygénée, d’une bonne complexité. Très réussi et intelligemment vinifié pour une consommation précoce.
- Syrah Boeckenhoutskloof 2003 ***** (16,5)
Vin issu d’un seul vignoble situé à Wellington, récolté en 4 ou 5 tries successives. Pré-fermentation à froid, filtration au blanc d”uf, élevage de 27 mois intégralement en fûts de chêne français neuf. Production de l’ordre de 6000 bouteilles seulement, toutes pré-vendues.
Robe très noire, nez complexe, goudron, notes florales, bouche profonde, très intense, fruit très abondant, juteux et gourmand, tanins très fins et veloutés. Très beau vin complet, riche et expressif, sans doute bonne évolution sur 4 à 6 ans.
-Chocolate Block 2004 **** (14,75)
Assemblage de syrah (45%), grenache (25%), cabernet-sauvignon (17%), cinsault (11%), viognier (2%), élevé 15 mois en fûts de chêne français, dont une proportion de neufs.
Arômes de chocolat, pointe d’amertume agréable au nez, de poivre, de garrigue et d’épices.
Assez capiteux, fruit moelleux abondant et généreux, vin très savoureux, sudiste, dont la gourmandise domine une structure pourtant ferme. Très belle vinification, un vin séduisant, enjôleur, le plus flatteur aussi mais dans un style plus sensuel que démonstratif.
-Sémillon Boeckenhoutskloof 2002 ***** (16,75)
Vieilles vignes situées à Franschhoek, fermentation puis élevage pendant 12 mois en barriques, élevage oxydatif. Robe dorée, profonde, nez intense et très original, volaille rôtie, fruits secs, noix de cajou, amandes. La bouche est très ample, profonde et dense, le vin gagne beaucoup à l’aération, fruit un peu confit, acidité parfaite qui apporte de la nervosité, longueur épicée, notes de curry, de safran, pointe iodée. Ensemble très complexe, caractère entier, expressif et encore jeune. Grande concentration et persistance. Remarquable.

En résumé : la qualité est ici irréprochable. Les vins de Boeckenhoutskloof sont dans l’ensemble superbes, profonds et riches, avec une vraie finesse. Rares, assez chers, ils méritent d’être recherchés. Les vins de Porcupine Ridge, la gamme de négoce, sont idéalement conçus pour une expression fruitée, pleine de charme, sans rien de racoleur. Leur prix extrêmement bon marché les rend encore plus attractif.

Les vins sont faciles d’accès, immédiatement séduisants dès l’ouverture avec leurs arômes expressifs, leur gourmandise et leur franchise. Car c’est bien le plus inattendu : des vins comme ceux de Porcupine Ridge, produits en très grands volumes (12 000 caisses), qui rencontrent un succès commercial étourdissant à l’export (UK, USA, Allemagne, pays nordiques’.) sont avant tout des vins vrais, honnêtes et amicaux, pas compliqués et sans prétention. Un peu à l’image de Marc Kent : direct, « down-to-earth », sûrs d’eux, tout ce qu’il faut pour plaire et rassurer le nouveau consommateur mondial.

Indéniablement, Marc Kent a un don pour dénicher les sources d’approvisionnement de raisins, qu’il se garde bien de révéler, aptes à produire une qualité aussi élevée dans un volume aussi important. Mais ce succès pourrait s’avérer fragile : il y a quelques mois, un vigneron vient de créer son domaine, et s’est mis à son compte avec le slogan : « « Marc Kent bought his syrah here » (Marc Kent achetait ses syrah chez moi’)

Vergelegen (Stellenbosch), visitez la ferme, oubliez les vins

Lundi 16 mars 2009

Région : Stellenbosch
Superficie : 4000 hectares, dont 100 de vignes

Un peu d’histoire : lorsque le 1er gouverneur du Cap, Simon Van Der Stel prend sa retraite en 1700, son fils Willem Adriaan devient gouverneur à son tour. La propriété de la ferme de Vergelegen lui échoit alors (Vergelegen signifie « situé au loin »).

Au pied des monts du Helderberg, cette vaste ferme de 4000 hectares devient un véritable paradis. Au gré des propriétaires successifs, les bâtiments et les jardins sont embellis mais la vigne disparaît au début du XXème siècle. Acquis au début des années 1990 par Anglo American Farms Limited, Vergelegen est dès lors à nouveau planté de 112 hectares de vignes.

A Vergelegen, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour entrer sur la propriété. Ensuite, comme cela arrive souvent, la dégustation des vins est payante. Deux restaurants, roseraie, musée, jardin pour pique-niquer, potager, centre de conférences, on a ici l’embarras du choix. Il faut l’avouer, les jardins sont sans doute les plus beaux de la région. Ci-dessous, les arbres centenaires entourant le manoir principal :

Les vins de Vergelegen bénéficient d’une renommée extraordinaire en Afrique du Sud : pour beaucoup de consommateurs et de professionnels, ils représentent ce qui se fait de mieux aujourd’hui dans le pays, digne de concurrencer les plus grands vins du monde.
Vergelegen a été désigné, pour la deuxième année consécutive, winery de l’année par le magazine spécialisé Wine. Le prix des vins va de 65 à 280 rand (10 à 47 ‘)

Vins dégustés :
-Sauvignon blanc 2005 ***/* (13,5)
Pas de contact avec les peaux, jus laissé 72h à basse température avant fermentation. Un peu de Sémillon est ajouté. Pas de passage en bois. Vin fin, assez suave et délicat, belle texture. Bien fait.
-Chardonnay 2004 **** (14,25)
Fermentation en barriques, élevage sur lies pendant 10 mois. Nez assez pur et vif, sur le fruit, bouche très nette, fruit croquant, beaucoup de charme. Belle pureté de fruit, ensemble assez savoureux, bonne intensité, rien de variétal ni d’élevage trop marqué. Bien fait.
-Chardonnay reserve 2004 **** (14)
Clarification, fermentation en barriques neuves françaises, levures indigènes. Elevage sur lies de 12 mois avec bâtonnage. Belle intégration du bois. Bouche assez fraîche, fruit mûr et croquant en avant, notes citronnées. Du style, rien de caricatural mais assez technique.
-Vergelegen 2004 ***/* (13,5)
Assemblage de Sauvignon Blanc et de Sémillon élevé pendant 10 mois en barriques de chêne français neuf. Joli nez discret, vin savoureux, délicat, belle pureté de fruit. Très lisse, sans aspérités, vin technique.
-Vin de Florence 2005 ***/* (13)
Assemblage de Chenin, Muscat, Chardonnay et Sauvignon Blanc, élevage en cuves inox, pas de contact avec les lies, mise en bouteille précoce. Caractère muscaté caricatural au nez, pamplemousse, herbacé. Expression aromatique aussi simple en bouche, avec du fond et une certaine allonge. Assez diffus. Peu convaincant.
-Mill Race 2003 ***/* (13,25)
Assemblage de Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet Franc. Elevage de 14 mois en barriques. Assez mûr et charnu, bonne intensité, du fruit. Style moderne, tannins appuyés, un peu verts.
-Shiraz 2003 ***/* (12,5)
Nez variétal, propre, assez technique. Bouche épicée, savoureuse, du volume, expression assez simple. Ensemble un peu marqué par l’alcool, présent en finale.
-Merlot 2003 ***/* (12,5)
2 semaines de macération, fermentation en barriques, élevage de 20 mois en fûts de chêne français neuf. Assez mûr et charnu, gourmand et velouté, fruit rond et plein, ensemble assez précoce et tendre. Finale marquée par des tanins verts, acidité élevée. Manque d’équilibre.
-Cabernet-sauvignon 2003 **** (13,75)
3 semaines de macération, fermentation en barriques, élevage de 20 mois en fûts de chêne français neuf. Beaucoup de volume, bouche assez ample et profonde, style généreux, tannins marqués et abondants, un peu verts. Vin moderne, plein et dense, boisé vanillé intégré mais très présent. Ambitieux, très technique. Manque d’âme.
-Vergelegen 2002 **** (14)
Assemblage de Cabernet-Sauvignon (75%), Merlot (20%) et Cabernet Franc (5%). fermentation des cabernet en cuves ouvertes avec pigeage, merlot en cuve close avec délestage. Elevage de 21 mois en fûts de chêne français neuf. Très joli nez expressif, fruits rouges, cassis, toasté vanillé. Bouche ferme, ambitieuse, tannins appuyés très abondants. Vin dense, serré, assez long. Extraction un peu trop poussée, style moderne, manque d’âme.

En résumé : J’avoue mon incompréhension. Qu’y a t’il dans ces vins pour qu’ils récoltent autant de louanges ? Certes, ils ne sont pas mauvais et leur style linéaire, assez pur et précis a ses amateurs. Mais ils manquent cruellement d’âme, ce sont des vins de techniciens, sans défauts majeurs, mais sans caractère. Ils se fondent dans le décor, s’harmonisent avec la pelouse impeccablement tondue, épousent le style léché des murs au blanc immaculé du plus pur style hollandais. La winery ultra-moderne aux lignes lisses et futuristes (photo ci-dessous) ressemble à un décor d’opéra. Ces vins sont ennuyeux parce qu’ils ne racontent rien’.Une nouvelle cuvée, Vergelegen V, est unanimement louée. Elle n’était pas proposée à la dégustation.

Morgenster (Stellenbosch) , l’élégance du vieux monde

Lundi 16 mars 2009

Region : Stellenbosch
Superficie : 200 hectares, dont 45 de vignes

Ce domaine récent appartient à un italien, Giulio Bertrand. Crée en 1993, il couvre 200 hectares, dont pour l’instant 45 plantés de vignes, et 45 plantés d’oliviers. Le premier millésime du domaine est le 1998.
Les huiles d’olive du domaine, première pression à froid extra vierge comme il se doit, sont remarquables. L’une d’entre elles a été consacrée meilleure huile d’olive d’assemblage du monde fin 2005.
Pierre Lurton, directeur de Cheval-Blanc et de Yquem, est consultant pour les vins. Il vient une fois par an début mars, après la vendange, pour prodiguer ses conseils. Les cépages italiens Sangiovese et Nebbiolo ont été récolté pour la première fois ici en 2005.

Vins dégustés :
-The Summer House 2002 **** (14,5)
Assemblage de merlot, cabernet franc, cabernet-sauvignon et 3% de petit verdot élevé 16 mois en fûts de chêne français. 72 000 bouteilles. Joli nez frais, petits fruits rouges et cuir fin, assez complexe. Les tanins sont fins, le style assez souple sur le fruit, bon équilibre général et style assez élégant. Réussi.

-Lourens River Valley 2001 ****/* (15,25)
Assemblage de merlot (55%), de cabernet-sauvignon (24%) et de cabernet franc (21%), élevage de 16 mois en fûts de chêne neufs français. Nez marqué par le bois, assez fin, cuir, épices à l’aération. Assez vigoureuse, la bouche présente de la sève, une texture sans aspérité intelligemment élevée. Bel équilibre, vin complet, plein et long, finale un rien astringente.
-Morgenster 2001 ***** (16,5)
Assemblage de cabernet-sauvignon et de cabernet franc élevé pendant 16 mois en fûts. Nez très élégant et complexe, assez typé Bordeaux avec ses notes de cèdre et de cigare, belle finesse. La bouche est assez ample, profonde et racée, la matière est dense et mûre, les tanins fins et abondants. Belle longueur, persistance et intensité aromatique sur des notes de cuir, de fruits secs et de poivre. La finale est un peu marquée par une trace de verdeur qui apporte de la vivacité et un certain charme. Vin très réussi, au bon potentiel d’évolution sur 6 à 8 ans, beau style judicieux.

En résumé : Le parti-pris est clair : adapter au climat méditerranéen de Stellenbosch un style élégant assez classique et représentatif du savoir-faire bordelais. Cette touche très « vieux-monde » se retrouve dans le choix des assemblages et dans l’apport d’un élevage très maîtrisé. L’approche séduit par sa justesse, et la réussite est indéniable avec des vins fins et aboutis, formellement assez sveltes et racés, qui devront confirmer au vieillissement leur potentiel.
Voici un très bel exemple de fructueuse exportation des compétences françaises dans le Nouveau-Monde, qui ne se limite pas à l’adaptation superficielle de recettes ‘nologiques.

Lourensford (Stellenbosch) , tout pour épater le chaland

Lundi 16 mars 2009

Région : Stellenbosch
Superficie : 4000 hectares, dont 50 de vignes

Propriété très récente et de très grande taille (4000 ha, dont seuls 50 sont plantés de vignes pour l’instant), ouverte en 1999, appartenant au richissime industriel Christo Wiese. Le domaine est merveilleusement situé au pied des monts Helderberg. Le cadre est luxueux, tape-à-l”il, et les activités proposées dépassent de loin le simple cadre viticole ou ‘nologique : conférences, terrains de polo, fromagerie, pêche à la mouche, concours floral annuel du Cap, etc’et 2 golfs dont voici un aperçu :

Une jeune employée derrière un bar en teck récite par c’ur la description des vins sensée allécher le visiteur.

Vins dégustés :

-Sauvignon blanc 2004 ***/* (12,5)
Vin frais, croquant, légèrement acidulé, très variétal.

-Viognier 2004 *** (11)
Elevé en fûts de chêne de Hongrie. Nez un peu pipi de chat. Fruit net et simple en bouche, boisé présent.
-Cabernet-sauvignon 2003 *** (11,5)
Nez un peu moisi, fruit abondant, style souple et oxygéné, flatteur. Finit un peu sec, tannins verts.
-Seventeen Hundred 2003 *** (11)
Assemblage de cabernet, syrah et merlot. Nez un peu confit, bouche pleine et assez lourde, notes de chocolat, alcool présent, manque de caractère et d’harmonie.

En résumé : On est ici encore très loin du compte. Le style ambitieux, voire un peu prétentieux des vins se retrouve dans l’habillage clinquant des bouteilles et la décoration des lieux. Il y a du pain sur la planche. Circonstance atténuante : le premier millésime récolté ici est 2003′.Tout cela ne serait-il qu’inexpérience et maladresse ? Le propriétaire a planté le décor, flatté son ego, il peut maintenant se concentrer sur la qualité !

Boschendal (Franschhoek), le charme hollandais

Lundi 16 mars 2009

Région : Franschhoek
Superficie : 200 hectares

Superbe et très ancien domaine fondé par les hollandais en 1685, extrêmement bien situé après la passe de Helshoogte en direction de Franschhoek. Les bâtiments d’origine sont toujours en activité, et servent aujourd’hui de restaurant, d’espace de dégustation sous l’ombre d’un chêne séculaire et de musée. Boschendal fait partie des domaines touristiques incontournables, mais dans lequel l’ambiance nonchalante, champêtre et élégante d’une grande exploitation un peu hors du temps est toujours présente. Les vignobles s’étendent sur 14 hectares le long de la Berg River, au pied de la montagne de Simonsberg, et une dizaine de cépages sont cultivés.
Le prix des vins dégustés est compris entre 20 et 100 rand (3, 5 à 16, 5 ‘)

Vins dégustés :
-Chardonnay 2005 **** (14,5)
40% du vin fermenté et élevé eu cuves inox, le reste en barriques âgées.
Beau nez fruité et vif. Bouche équilibrée, bonne fraîcheur et acidité, caractère tonique et fruit croquant. Style moderne très maîtrisé.
-Grand Vin Blanc 2005 **** (14)
Sauvignon blanc et un peu de chardonnay. Vin mûr, assez plein et vif, style moderne assez flatteur, fruit en avant. Charnu et rond, finale un peu iodée et citronnée. Très bien fait.
-Chenin blanc 2005 **** (14)
Léger nez floral, bouche vive, bonne acidité et fruit croquant assez mûr. Bon équilibre et persistance. Fermentation stoppée pour laisser quelques grammes de sucre résiduel. Assez réussi.
-Chardonnay Reserve 2004 ***/*(13,5)
Vin élevé pendant 11 mois en fûts de chêne français, 25% de neuf. Malolactique faire à 50%. Assez gras, mûr, charnu et plein, beaucoup de matière et d’alcool. Boisé marqué même si l’intégration est satisfaisante.
-Cabernet-sauvignon 2003 ***/* (13,25)
Vin élevé en fûts de chêne français, 40% de neuf. Nez variétal, cassis. Bouche mûre et charnue, assez élancée, boisé vanillé très marqué.
-Shiraz 2003 ***/* (13)
Nez grillé un peu fermier (brett ?). Bouche assez mûre et ample, souple et oxygénée, bon équilibre alcool-acidité. Boisé bien intégré, finale un peu chaleureuse, pointe d’acidité volatile.
-Shiraz 2001 ****(14,25)
Vin élevé pendant 13 mois en barriques de chêne français. Beau nez ouvert, cake, épices, raisins secs. Assez ferme et dense, la bouche offre de la profondeur, une bonne acidité, et un fruit mûr chocolaté. Tannins serrés et fins, bel équilibre, bonne longueur. Bon vin, bien réussi, assez épanoui.
-Grande Reserve 2001 ***/* (13,25)
Vin élevé pendant 14 mois en fûts de chêne français, 50% de neuf. Assemblage de cabernet-Sauvignon, de cabernet franc et de merlot. Nez marqué par le bois et les épices, notes de cassis et de chocolat. Bouche structurée et serrée, élevage très marqué qui assèche un peu. Assez ambitieux, manque de fraîcheur et de précision.

En résumé : Les vins sont modernes, assez techniques et calibrés. Les blancs sont assez séduisants, avec un caractère tonique, net et vif. Les rouges sont moins intéressants. La gamme de prestige « Reserve » est moins convaincante, très marquée par le bois neuf. Là encore, on sent qu’une reprise en main récente n’a pas encore permis aux vins de donner toute leur mesure. De nombreux autres vins sont produits ici mais n’ont pas été goûtés.

Chamonix (Franschhoek) , pas de quoi en faire une montagne’

Lundi 16 mars 2009

Winery de 50 hectares fondée en 1991. Le domaine agricole a été nommé Chamonix car les anciens propriétaires trouvaient une ressemblance avec la station de Haute-Savoie, où ils avaient passé leurs vacances.
Ici encore, un restaurant (« La Maison de Chamonix »), une guesthouse, un espace de dégustation à mi-chemin entre un pavillon de chasse et un chalet suisse, des aires de jeu pour les enfants, etc…font partie du paysage.
Les fermentations sont naturelles, les vins longuement élevés en bouteille avant commercialisation, et la viticulture tend vers une conduite biologique, nous dit-on.

Vins dégustés :
-Sauvignon blanc reserve 2004 ***/* (12,75)
11 mois d’élevage. Vin marqué par le bois. Notes de fruits exotiques, style acidulé, manque de caractère et d’équilibre.

-Chardonnay 2003 ***/* (13)
Nez marqué par l’élevage en fûts de chêne, bouche grasse, crémeuse, généreuse, très moelleuse et dans un style Nouveau-Monde. Vin simple, bien fait dans son style.
-Pinotage 2003 ***/* (12,25)
Robe foncée, nez épicé, prunes, pointe de fraise, manque un peu de fraîcheur. Vin souple et épicé, assez sec et monolithique, finale astringente.
-Pinot Noir 2003 ***/* (12,5)
Robe assez claire, reflets bruns. Nez de cerise sèche, vin assez charnu, fruit un peu évolué, plutôt équilibré mais un peu chaud et sans beaucoup de caractère ou d’expressivité.
-Troïka 2003 *** (11)
40% cabernet-sauvignon, 40% merlot, 20% cabernet franc. Vin assez mûr, de la mâche, ensemble un peu chaud en bouche, l’alcool ressort. Assez rustique.

En résumé : Malgré sont superbe emplacement au dessus de Franschhoek et l’accueil sympathique, les vins ne se montrent pas convaincants. Il faut avouer qu’ils sont servis trop chauds, et que la cuvée de Chardonnay Reserve, qui contribue à la réputation du domaine, ne nous est pas proposée.
Par contre, il faut bien avouer un air de ressemblance avec la célèbre station des Alpes, sur la photo aérienne prise ci-contre (trouvée sur le web)…

Tokara (Stellenbosch), le triomphe du marketing

Lundi 16 mars 2009

Région : Stellenbosch
Superficie : 100 ha

Winery design et dernier cri ouverte en 2000 par l’homme d’affaires GT Ferreira, avec 100 hectares de vignes en production. Perché à 500 m d’altitude au dessus de Stellenbosch, et jouissant d’une des plus belles vues de la région, Tokara est exemplaire car il représente ce qui peut se faire de mieux en Afrique du Sud en matière d’oenotourisme et de mise en scène autour du vin.

Perché sur une crête de la passe de Helshoogte, le bâtiment est parfaitement réussi. L’alliage du bois et du béton donne bien sûr un côté très « high-tech » mais le design intelligent et le goût des propriétaires en font un endroit incontournable pour qui veut comprendre toute la portée du marketing lié à la production viticole. Le visiteur curieux est sollicité pour être prévenu des nouveautés et évènements à venir, et il trouvera à Tokara :

-un restaurant de 100 couverts, aux lignes zen tout de bois brut et de béton, avec une terrasse suspendue au dessus des vignes, d’où la vue se prolonge jusqu’à la mer. Cuisine délicieuse, carte des vins qui comprend toutes les grandes références de Stellenbosch (et pas seulement les vins du domaine) ;

-un vaste espace de dégustation chaleureux et convivial, où sur un fond musical feutré des employées admirablement formées font déguster gratuitement les vins ; d’un côté, la vue porte au travers une vitre sur la cuverie ultra-moderne, en activité, où les ouvriers s’affairent, et de l’autre côté, au delà de la terrasse, les vignes et les collines à perte de vue ;

-un environnement préservé pour se détendre et s’informer, avec un jardin contemporain parsemé de plantes aromatiques, des bassins, des vignes nommées par cépages (jardin ampélographique) et un chêne centenaire ;

-un oliveraie, qui produit une excellente huile d’olive disponible à la dégustation ;

-un amphithéatre enherbé, pour des évènements à l’extérieur (concerts, animations) ;

-une salle d’expositions, dans laquelle les ‘uvres de jeunes artistes sud-africains sont présentés et disponibles à la vente.

Tout est organisé pour que le séjour à Tokara soit un plaisir des sens, et donne au visiteur le sentiment d’être dans un lieu global, de culture et de bien-être autant que dans une winery. Voici à mon sens un des exemples les plus aboutis de réussite du marketing appliqué au vin.

Tokara possède également une ferme de 61 ha à Elgin, et depuis très récemment des vignes dans la vallée de Hemel-en-Aarde, près de Hermanus. On trouve ici deux gammes de vins :
« Zondernaam », et, plus prestigieuse, « Tokara ». Les prix vont de 40 à 150 rand (6 à 13 ‘)

Vins dégustés :

-Zondernaam Sauvignon blanc 2005 ***/* (13)
Assez fin, citronné, groseilles à maquereau. Vin moderne, vif et sec, assez charmeur. 2 grammes de sucre résiduel.
-Zondernaam Chenin blanc 2005 **** (14)
Elevage de 6 mois en barriques, 5 grammes de sucre résiduel. Du gras, bon équilibre, boisé vanillé en finale, style mûr mais élevage assez bien dosé.
-Zondernaam Chardonnay 2003 ***/* (13,5)
Elevage de 10 mois en bois neuf français. Style fin, assez léger, texture crémeuse, finale épicée. Vin moderne, assez flatteur.
-Zondernaam Cabernet-Sauvignon 2001 *** (12)
Elevage de 20 mois en en bois neuf français. Nez évolué, un peu oxydé. Vin assez doux en bouche, du fruit, assez commun.
-Zondernaam Shiraz 2003 **** (14)
Elevage de 18 mois en fûts de chêne français et américain. Belle fraîcheur au nez, caractère épicé, bon équilibre, notes de sauge. Bouche élancée, assez savoureuse, tanins fins. Joli vin équilibré.
-Tokara Chardonnay 2004 ****(14)
Vignes situées à Stellenbosch, autour de la winery. Elevage de 11 mois en fûts de chêne. Nez assez complexe, boisé marqué. La bouche est pleine, assez moelleuse, présente une bonne acidité et un trace sucrée due au bois. Assez plein et riche, plus en tout cas que le Zondernaam.
-Tokara rouge 2003 **** (14,25)
Assemblage de merlot (73%), cabernet-sauvignon (18%) et petit verdot (10%), élevé 20 mois en fûts de chêne français. Joli nez assez élégant, bonne finesse, ensemble assez complexe, belle longueur, style très équilibré. Alcool en finale. Tanins fins. Vin ambitieux, de bonne facture.

En résumé : Les vins sont encore trop techniques, manquent de personnalité. Tokara vaut plus pour la visite des lieux que pour les vins. Mais attention : les vignes sont très jeunes (5 à 6 ans pour la gamme Tokara), le domaine aussi, et l’ambition d’arriver au sommet anime toute l’équipe, ce qui est aisément perceptible. Il faudra surveiller ce qui se passera dans les prochaines années’.En 2005, des prises de vue des vignobles effectuées par avion et utilisant l’imagerie infrarouge la plus pointue ont permis de décider quelles parcelles vendanger en fonction de la maturité des raisins’.

Groot Constantia (Constantia) , comment vivre sur sa réputation….

Lundi 16 mars 2009

Région : Constantia
Superficie : 90 hectares

Domaine viticole datant de 1685. Les bâtiments d’origine du domaine de Constantia, fondé par Simon van der Steel, gouverneur du Cap, se situent ici. A sa mort, le domaine, extrêmement étendu, a été divisé entre ses héritiers. Magnifique ensemble de constructions de style hollandais au milieu des vignobles.

Vins dégustés :
-Sauvignon blanc 2005 ***/* (13)
Frais, variétal, herbacé mais assez mûr. De l’alcool, un peu lourd et simple.
-Chardonnay 2005 *** (11)
Nez simple et avenant. Vin mûr, rond et charnu, style gras et riche en alcool. Boisé mais sans plus. Correct, sans plus.

-Chardonnay cuvée des Gouverneurs 2004 ***/* (12)
Nez boisé, style international. Arômes démonstratifs, assez tropicaux. Vin gras et plein, boisé évident en bouche, assez lourd, niveau d’alcool élevé.
- Rosé Blanc de Noir 2005 **** (13,5)
Cabernet-sauvignon 60% merlot 40%. Nez de fruits rouges, assez simple. Assez plein en bouche, rond et ferme, bien fait, bonne acidité, finit sec. Net et agréable.
-Constantia Road 2004 ***/* (12,5)
Blend de pinotage-merlot-syrah-cabernet-sauvignon-cabernet franc et malbec. Nez assez simple mais frais, fruits rouges. Finale sèche. Assez léger. L’assemblage n’apporte rien.
-Pinotage 2004 ***/* (12,5)
Nez compoté, épicé, petits fruits rouges. Assez souple et suave, notes de terre à l’aération, caractère chaleureux, l’alcool ressort en finale.
-Merlot 2003 *** (11)
Nez de fruits rouges, bouche ronde, très mûre, déséquilibrée par l’alcool et des tanins secs.
-Cabernet-Sauvignon 2004 *** (11,5)
Nez de fruits noirs, assez simple. Bouche ferme, assez dense, monolithique, caractère vanillé du boisé en finale. Moyen.
-Muscat de Frontignan ***/* (12,75)
Assemblage de deux ou trois années. Nez assez frais, variétal, bouche suave et assez simple. Manque de complexité. Sucre résiduel assez modeste (40-50 gr)
-Cape Ruby Port 2004 **/* (9)
Issu de syrah à 70% et de Touriga Nacional à 30%. Nez chaud, fruits macérés, vieux pruneau. Bouche chaude, déséquilibrée, courte, la finale est brûlante. Pas au niveau.

En résumé : Le domaine appartient à l’Etat, qui se contente sans doute d’entretenir le domaine sans trop se préoccuper de la qualité des vins. Ceux-ci sont décevants, indignes de la très haute réputation dont jouit la propriété. Ils sont assez représentatifs d’un style de vinification sans inspiration, bâclé et imprécis qui n’a pas évolué depuis une vingtaine d’années. La propriété abrite également un musée, un centre de conférences, des restaurants, et se loue fréquemment pour des mariages et des manifestations. L’oenotourisme est florissant en Afrique du Sud !




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